Dimanche 29 Août

Rangiroa => Manihi

Et oui, levées à 7h pour aller prendre le petit déjeuner à 8h… Vers 9h, nous partons à pied vers la boutique afin de récupérer nos perles. Finalement, l'aller-retour ça prend mine de rien près d'une heure ! Ca réveille en tout cas avec le vent qui n'a toujours pas faibli. Nous saluons une dernière fois la vendeuse (on commençait à bien la connaître !) et retournons à la pension.

Nous refaisons nos bagages et attendons 11h15 pour le départ vers l'aéroport. Flo fait et refait ses comptes pendant que moi… je contemple ! Oui, je suis assise sur ma chaise et je regarde le paysage (j'aime bien ne rien faire).

Mais voilà que Mareva arrive avec le 4X4, nous embarquons les valises tant bien que mal et elle nous offre à chacune un magnifique collier de fleurs de tiaré. Voilà donc pourquoi tous les matins, nous la voyions couper des fleurs et faire les colliers. Nous pensions qu'en fait elle allait les vendre à l'hôtel de luxe d'à côté ! En tout cas, ils sont énormes (rien à voir avec ceux du Méridien) et ça embaume !

Nous arrivons à l'aéroport où nous enregistrons encore une fois sans problème les bagages et attendons un peu. L'avion arrive dix minutes en avance et comme tous les passagers sont là, nous partons en avance. Il faut quand même tendre l'oreille car il n'y a pas d'annonce, juste un gars qui crie pour appeler les gens. Nous nous installons à bord et le collier, c'est sympa mais c'est lourd autour du cou !!

Après trente cinq minutes de vol, nous atterrissons à Manihi (la dernière île de notre voyage… snif !). Manihi comme Rangiroa fait partie des Tuamotu et c'est aussi un atoll. Petite surprise en sortant de l'avion, l'aérogare est une minuscule cahute. Là, une dame nous accueille en nous serrant la main mollement, mais je ne retiens pas son nom. Deuxième surprise, nous devons embarquer dans un truck pour aller récupérer les bagages qui vont suivre. En fait, voilà l'explication. La piste de Manihi est construite sur un morceau d'atoll. Lors du précédent ouragan, elle a été en partie détruite et ils ne l'ont pas reconstruite. Ce qui fait qu'elle s'arrête un peu au milieu de rien, il faut prendre un truck pour aller à l'aérogare qui se trouve un peu plus loin (à l'endroit où la piste s'arrêtait à l'origine…). Nous arrivons dans le bâtiment et attendons les bagages qui arrivent en tracteur. Nous les récupérons et nous nous préparons à les porter lorsque la femme qui nous a accueillis arrive, prend ma valise dans une main, celle de Flo dans l'autre, et un autre sac à dos et commence à porter le tout… Euh… Wow, elle est trop forte… petit doute quand même.

Notre "taxi"

Là, nous marchons jusqu'au quai vers une petite barque à moteur. Avec nous il y a un mec tout seul, un couple, la cinquantaine, et deux autres couples mais apparemment l'un des couples en attendait un autre (la cinquantaine aussi, on fait jeunettes à côté !). Nous nous approchons de la barque, et la femme commence à y mettre nos bagages. Puis comme il est 13h et que nous avons faim elle nous fait :

« Vous voulez vous taper un sandwich ?

- Euh… oui, enfin, le manger ça suffira.

- Vous pouvez aller à la petite boutique pour en acheter.

- Ah bon, OK alors. »

Et nous voilà tous partis pour acheter de quoi manger. Nous nous installons à l'ombre pour déguster la chose pendant que la bonne femme va discuter avec ses copines de la boutique.

Finalement la voilà qui revient (c'est pas qu'on a attendu, mais presque) et nous embarquons. Les valises sont toutes placées sous une bâche… Il y a quatre bancs de bois sur le bateau, nous nous installons tant bien que mal et c'est parti. Flo est de plus en plus intriguée par la « dame »… Tout le voyage, elle va le passer à la scruter pour en arriver à la conclusion, qu'il s'agit… d'un homme ! Bah, moi au début je la crois pas et en fin de compte elle a raison ! Il s'agit d'un « raerae ». Les raeraes sont les travestis polynésiens qui sont bien intégrés dans la société et qui souvent s'occupent des enfants dans les familles.

C'est pas tout ça, mais j'écoute aussi la conversation des deux couples d'amis et en fait l'un des couples navigue sur un bateau et l'autre est venu le rejoindre pour naviguer avec lui. Enfin, c'est surtout la femme du deuxième couple qui va naviguer, le mari n'a pas l'air très chaud. Le fameux voilier s'appelle « Passager du vent » (c'est beau !) et la femme est comme une gamine en attendant de l'apercevoir (« Et il est où Passager du vent ??!! »). Son capitaine est un vrai baroudeur (barbe de trois jours, pieds nus…), nous l'appellerons le « capitaine Hadock ».

Nous finissons malgré tout par nous intéresser au paysage. Nous naviguons à l'intérieur du lagon, passons devant ce qui doit être l'hôtel de luxe du lieu (près de l'aéroport), apercevons la grande passe et un gros village. C'est à ce moment là que notre amie (ami ? là est tout le problème, nous allons passer le séjour à dire il/elle et à ne pas vraiment savoir… Finalement comme on saura qu'elle/il s'appelle Belle, nous dirons Belle !!) nous annonce que nous allons faire une petite halte au village pour aller chercher « les congelés ». Et là Flo qui nous sort :

« Ah on va aller chez Picard ?! »

Ah ! Ah ! Trop marrante ! On s'arrête donc, Belle descend du bateau et revient effectivement avec ce qui ressemble à un gigot congelé et des frites (le repas du soir ?).

Mais nous voilà repartis. Ca « tape » un peu mais c'est très supportable sauf que ça éclabousse. De toutes façons, un peu d'eau en plus ou en moins, ça ne fait plus trop de différence. Après quarante cinq minutes de mer, nous arrivons sur le motu sur lequel se trouve la pension Vainui Perles. Il est complètement isolé, devant y'a la mer et derrière la mer… et aussi sur les côtés. Mais surtout, voilà enfin « Passager du vent » !! Un petit voilier vert en fait.

Nous débarquons et Belle nous indique notre "chambre".

La chambre

Elle est située dans une toute petite cabane (j'ose pas appeler ça un bungalow), il y a deux chambres, la largeur est celle du lit et ça ressemble à une cabine de bateau. Ok, ils avaient dit « expérience authentique » sur le guide, ça doit être ça. Nous déposons nos bagages et allons faire un tour pour voir un peu à quoi ça ressemble. Juste à côté, il y a deux douches. Alors euh… y'a pas de portes à ces douches. C'est juste en face de la plage, je me vois mal me doucher devant tout le monde… Nous approchons de la maison principale et rencontrons le propriétaire, Edmond. Ce dernier vit seul ici (sa femme est partie avec un autre, d'où un accueil et une organisation des plus sommaires pour une pension), avec sa fille de douze ans et Belle. Il nous explique un peu comment ça marche, les repas c'est à 19h, et il nous indique que les sanitaires se trouvent de l'autre côté. Ah ! Alors pas de douche en plein air ! En fait, il y a deux WC et une douche… pour douze… C'est pas le camping mais presque. La douche n'est pas fermée, il y a juste un rideau. Ok… Bon... Zen…"Authentique" on a dit.

Nous demandons s'il y a des visites de prévues, peut-être demain ce sera la ferme perlière, on verra. Nous pensions d'ailleurs que la ferme se trouvait sur le motu, mais apparemment non.

Allez on va se détendre, moi je vais tester le lagon de Manihi. La plage n'est pas très grande, le sable pas très fin, et l'eau pas très poissonneuse ! J'en vois quelques uns des poissons mais c'est sûr que ce n'est pas le jardin de corail !

Après ça, je vois qu'il n'y a personne aux sanitaires alors je vais prendre ma douche. Évidemment, l'eau est froide.

Nous réalisons aussi que le gars qui est tout seul va loger dans la chambre juste à côté de la notre, j'espère qu'il ne ronfle pas !

Puis nous faisons un tour du motu, rencontrons un énorme Bernard L'ermite, que Belle s'empresse d'attraper et de nous montrer, puis nous allons admirer le coucher du soleil. Nous retournons ensuite au bungalow pour attendre l'heure du dîner.

Coucher de soleil

Donc pour résumer, on est douze sur cette île de deux cents mètres de long sur cinquante de large, à trente minutes en bateau de toute civilisation, est-ce que c'est ce qu'on appelle « le bout du monde » ? Pas loin…

A 19h, ça sonne, nous allons donc manger. Il y a deux tables, l'une avec les deux couples d'amis (l'un loge sur le bateau, l'autre à la pension) et l'autre table avec nous, le gars tout seul et l'autre couple. Au menu, du poulet, des spaghettis bolognaises et un gâteau aux pêches en boite. C'est Belle qui fait la cuisine.

Je trouve que l'eau à un goût bizarre. En fait, il s'agit de l'eau de pluie récoltée dans une citerne, et ça doit être le fond de la citerne justement… Genre eau croupie ! Nous demandons s'il n'y a pas des bouteilles d'eau, même à vendre, mais non, il faudra attendre demain et les courses au village… Je vous le dis, nous sommes à Koh Lanta !

Nous rejoignons notre chambre, Flo essaie tant bien que mal de bloquer la porte :

« Mais t'as pas compris qu'ici on risquait rien ?

- Oui, mais bon, on sait jamais ! »

Nous décidons de lire un peu lorsqu'à 21h… extinction des feux ! Ben oui, c'est un groupe électrogène qui fait l'électricité ici, et ça marche de 5h du mat à 21h. Ok, d'accord, mais le congélo il s'arrête aussi la nuit alors ?

Allez dodo puisqu'on n'a pas le choix !