Mardi 31 Août

Manihi => Tahiti

Réveil à 6h, j'ai hyper bien dormi, comme quoi, le calme, ça sert à quelque chose ! Et puis ici, il n'y a pas de coq. Nous nous levons vers 7h15, Flo prend sa douche et moi je m'habille puis nous allons petit déjeuner. C'est la routine quoi !

Nous attendons ensuite la navette pour aller visiter la ferme perlière. A 9h15, nous embarquons toujours à bord de notre bateau à moteur qui est conduit par un certain Christian (nous ne savons pas vraiment d'où il sort !), Belle doit rester là pour s'occuper de la pension (enfin, les lits elle les fait pas, elle fait juste la bouffe).

La ferme est juste à côté du motu, en fait, on peut y aller à pied, sauf qu'il faut traverser une petite passe, donc en fonction de la hauteur de l'eau, ce n'est pas forcément possible.

Là, nous allons dans un local sur pilotis où ont lieu l'ouverture des huîtres ainsi que la greffe. Mais il n'y a pas de guide donc pas vraiment d'explications. Ce n'est pas bien grave, puisqu'on a déjà vu tout ça. D'ailleurs c'est nous qui expliquons aux autres comment ça se passe ! La tâche des employés est assez répétitive quand même, c'est du travail à la chaîne. C'est alors que Flo marche sur quelque chose, elle regarde et il s'agit, non pas d'une perle, mais d'un keshi. Les keshis sont de toutes petites perles qui ne sont pas rondes, et qui ont été fabriquées par l'huître alors qu'elle avait expulsé le nucleus. C'est uniquement de la nacre et c'est creux, donc ça a moins de valeur marchande. On peut s'en servir pour faire de très jolis bracelets ou bien des pendants de boucles d'oreilles. Mais celui que Flo a trouvé est vraiment très petit. Elle le ramasse discrètement et voyant qu'on ne lui dit rien, elle le met dans sa poche !

Greffeur

Nous sortons alors de la cabane pour aller sur la terre ferme et remarquons qu'il y a quelques habitations sur le motu. Une occidentale vient à notre rencontre et nous amène vers ce qui sert de boutique. Elle nous explique un peu comment se passe la culture (très utile donc pour les gens qui ne savaient pas) ainsi que le choix des perles avec les catégories. Puis elle nous parle un peu de sa vie ici. Elle travaillait avant à Papeete chez un bijoutier et a décidé il y a de ça quatre ans de venir voir comment se passait la production proprement dite. C'est un peu elle qui supervise tout sur le motu, elle vit donc en permanence ici avec tous les employés. C'est à la fois une vie en communauté et une vie très isolée car il n'y a pas grand chose à faire. C'est sûr qu'il faut vraiment aimer ça pour vivre dans ce trou paumé !!

Puis, nous passons à l'examen des perles qui sont en vente. Moi ça y est, je suis pourvue, mais Flo « tombe » sur une paire de perles de la même taille et de la même couleur et décide de les acheter pour en faire des boucles d'oreilles. Elles sont vraiment belles et pas très chères pour une catégorie B, 8000 XPF (environ 70 €). Il faudra juste les monter, on fera ça à Papeete. Nos collègues touristes font aussi des achats. Personnellement j'ai trouvé qu'ils avaient de jolies choses, mais pas en très grande quantité, la ferme de Rangiroa était mieux pourvue, mais sans doute un peu plus chère.

Vers 11h30, nous reprenons notre bateau et retournons à la pension.

Nous refaisons rapidement nos valises (pas de chance, Flo casse une attache à l'intérieur de la sienne, la séparation entre les deux compartiments ne tient plus. Je lui ai dit qu'elle y mettait trop de choses !) et allons déjeuner vers 12h à l'appel de la sonnerie (manque plus que le clairon !). Au menu, lapin et riz, et « pas de dessert à midi »… Personne n'est très satisfait du service un peu léger quand même pour le prix que nous avons payé…

Nous retournons au bungalow finir d'empaqueter et attendons 14h pour le départ vers l'aéroport. Faut amener les valises jusqu'au ponton pour les mettre dans le bateau, ça ne roule toujours pas sur le sable !

Nous embarquons et mettons les cirés afin d'éviter d'être éclaboussés et d'arriver dans l'avion trempés. Même si nous ne sommes que cinq à prendre l'avion : le couple BCBG et le gars tout seul qui vont sur Tahiti puis ensuite aux Australes voir les baleines, et nous, les quatre personnes de « Passager du vent » viennent aussi car ils veulent s'arrêter au village en rentrant pour faire quelques courses pour le bateau. Et oui, le départ c'est pour le lendemain ! Le monsieur du Da Vinci Code et la femme du capitaine Hadock vont prendre l'avion pour une autre île (Ahe) et attendront les deux matelots tranquillement.

C'est Christian qui pilote, Belle est avec nous. Nous partons et passons devant quelques fermes perlières et devant ce qui semble être une pension. Là, Belle se penche vers nous en nous la montrant :

« Là, c'est la pension de l'ex femme d'Edmond et de ce connard de français ».

Euh… pardon ? Et oui, la femme est partie vivre avec un autre, et Belle n'a pas l'air de vraiment l'apprécier. Apparemment, la pension était mieux tenue lorsqu'ils étaient en couple, et Edmond nous a dit qu'il pensait vendre car il avait soixante dix ans et commençait à avoir des problèmes de santé, pour se faire soigner, ce n'était pas évident. Enfin, les histoires de famille, on s'en fout un peu…

Nous arrivons à l'aéroport vers 14h30, le trajet s'est très bien passé, la conduite de Christian était très cool et on n'est pas trempés !

Nous enregistrons les bagages et avons une heure quinze à attendre. J'aperçois un crabe qui se promène dans l'aérogare ( ! ) et je vais voir un peu ce qu'il y a à vendre (comme d'habitude, paréos et colliers de coquillages), mais je n'achète rien.

Nos valises sont ensuite embarquées à bord d'un tracteur, pendant que nous prenons le truck pour aller jusqu'à la cahute attendre l'avion. Il y a déjà d'autres personnes qui sont venues directement de l'hôtel de luxe.

Le truck

L'avion arrive peu de temps après, il s'arrête devant nous (à domicile la livraison !). Nous partons avec cinq minutes d'avance. Et cinq minutes après le décollage nous atterrissons à Ahe, un atoll tout proche de Manihi. L'aéroport y est encore plus sommaire, et pour les bagages, c'est un gars qui tire le chariot ! Quelques personnes descendent et d'autres montent, puis cette fois c'est reparti vers Tahiti pour une heure trente de vol. Nous pouvons voir le coucher du soleil au-dessus des nuages ainsi que quelques atolls que nous survolons.

Atoll

Nous arrivons sur Tahiti avec un peu d'avance, il commence à faire nuit.

« Oh ! Des lampadaires ! Oh ! Des voitures ! Oh ! La civilisation ! ».

Nous débarquons et allons attendre les bagages dans une salle où il y a déjà beaucoup de monde (d'autres avions arrivent en même temps), dont le mari de Mareva avec des rames, apparemment il vient pour un championnat de pirogue. L'attente est un peu longue, puis les bagages récupérés, nous partons à la recherche d'un taxi en suivant les panneaux… Sauf que c'est exactement dans l'autre sens qu'il faut aller… Bref… Nous prenons le taxi et remarquons que notre couple BCBG est juste dans celui qui est devant nous. C'est reparti pour l'hôtel Mandarin. C'est vraiment trop bizarre de revoir autant de monde, une route à quatre voies etc… Quand je pense qu'en arrivant de Paris on trouvait ça petit, là on trouve tout grand !

Nous arrivons à l'hôtel pour découvrir que le couple va loger là aussi. Si on avait su on n'aurait pris qu'un taxi.

Nous prenons possession de la chambre et là c'est douche chaude intégrale !! Ahhhh que ça fait du bien quand même ! Et le sèche cheveux aussi, je vais plus avoir les cheveux qui collent tout le temps ! Franchement j'apprécie et je me rends compte que je suis pas trop faite pour le « baroudage »… M'enfin. En y repensant, Manihi était peut-être « l'île de trop ». D'un autre côté, c'était aussi une sacrée expérience « authentique ».

Mais revenons à nos moutons, nous avons rendez-vous avec Valérie, une copine de Flo qui a fait ses études avec elle. Rappelez-vous elle lui avait téléphoné le jour de notre arrivée et elles ne se sont pas vues depuis dix ans. Elle doit venir nous chercher vers 19h30 en bas de l'hôtel.

Nous descendons donc et l'attendons, elle arrive un peu en retard, et Flo a du mal à la reconnaître car apparemment elle a maigri. Moi je la connais pas alors je la reconnais pas non plus !

Nous montons dans sa 106 et elle nous amène chez elle pour le dîner. Elle n'habite pas dans le quartier des occidentaux, mais dans celui des autochtones, une très jolie maison en bois entourée d'un jardin. J'aime beaucoup sa déco. De plus j'apprends qu'elle peint et ses tableaux ne sont pas mal du tout. C'est un peu une artiste dans l'âme en fait.

Elle a aussi bien baroudé, elle a vécu un an dans une grotte en Inde, elle a fait je ne sais combien de voyages sac au dos etc… Et elle vit à Tahiti depuis environ quatre ans avec sa fille de trois ans.

Chez elle, nous faisons la connaissance de Magali qui a été sa remplaçante pendant un mois. Valérie lui a laissé son cabinet d'orthoptie ainsi que sa maison pendant qu'elle rentrait en France pour les vacances. Nous faisons également la connaissance de « Teuch » (on ne rit pas !), son colocataire. Alors « Teuch », dont on ne saura jamais le vrai nom, est musicien. Il est très sympa mais déjà un peu stone... De plus Valérie nous ouvre une bouteille de vin blanc, ça va pas arranger l'affaire ! Il me raconte un peu sa vie, et comme le vin me monte aussi à la tête, je me rappelle plus trop de quoi on a parlé. Je me souviens d'un truc, apparemment, Valérie et lui ont participé à une croisière aux Marquises, et ils y faisaient un spectacle en étant logés et nourris.

Le repas arrive et j'en crois pas mes yeux… du foie gras et du saumon fumé avec une bonne salade avec des noix ! Ahhh ça change quand même de Manihi ! C'est pas qu'on en rêvait un peu du foie gras là-bas, mais presque ! Vraiment j'apprécie à fond. Sur ce, « Teuch » disparaît et nous ne le reverrons plus de la soirée. Nous discutons pas mal et finalement vers minuit nous décidons quand même de rentrer parce que ça commence à faire tard ! Et demain, une autre journée nous attend, faut pas se laisser aller (plus que deux jours…).

Dodo dans un bon lit dans une vraie chambre.