28 février 2005
Jour 14 : Bora Bora => Rangiroa
Mercredi 25 Août
Bora Bora => Rangiroa
Réveil assez tôt vers 7h, moi j'ai plutôt mal dormi (à cause du coca la veille au soir ou du bateau ?!). Flo a dormi comme une masse et a l'air d'aller mieux. Nous avons commandé la navette pour 8h45 afin d'être à Vaitape assez tôt et pouvoir y faire un tour (sourtout ) la banque) avant d'aller prendre l'avion.
Vers 8h, après un petit déjeuner frugal, nous allons payer notre chambre. Flo récupère ses coquillages enterrés dans le sable, met le tout dans un sac en plastique et dans le sac à dos avec le coquillage d'Andrew. C'est pas léger tout ça !
A 8h45 précises notre navette à 19°C arrive, le chauffeur ne décroche toujours pas un mot. C'est plutôt étonnant d'ailleurs parce qu'en général les polynésiens sont très ouverts.
Une fois au village, comme nous avons nos valises et qu'il n'y a pas de consigne (faut pas rêver !), nous décidons de nous asseoir, l'une va garder les bagages pendant que l'autre ira faire un tour.
C'est moi qui commence et je me rends directement à la banque Socredo pour voir s'il y a quelque chose à faire avec ces cartes bleues. Ca ne marche toujours pas au distributeur. Là, le banquier essaie de voir avec une machine, mais il me dit que le montant de retrait est dépassé, ce montant courant sur sept jours, il faut patienter avant de pouvoir retirer à nouveau. Je reste calme en lui demandant comment nous pouvons faire puisqu'il nous faut du liquide. « Ah, ben y'a rien à faire ». A part être philosophe, je vois pas trop. Va falloir trouver une solution pour payer à Rangiroa…
Je retrouve Flo sous la halle où elle m'attend, lui explique la situation et le « on ne peut rien faire »… Nous envisageons les possibilités qui s'offrent à nous et à part payer après, ou faire envoyer un mandat de France, nous n'en trouvons pas d'autres… De toutes façons on verra bien une fois sur place.
Puis Flo va faire un tour dans les boutiques et au petit marché qui se trouve derrière, où ils vendent comme d'habitude des paréos, colliers de coquillages etc… Puis je repars vadrouiller pour acheter des cartes postales ainsi qu'un appareil aquatique car j'ai terminé le mien au Lagoonarium.
A 11h20, nous embarquons sur la navette à destination de l'aéroport. C'est pas que Flo angoisse à l'idée de remonter sur un bateau, mais quand même. Finalement la traversée de vingt cinq minutes se déroule tout à fait normalement.
Nous enregistrons les bagages (toujours aucune question relative au poids, heureusement qu'ils ne pèsent pas le sac à dos de Flo !), puis allons faire un petit tour dans l'aérogare et la fameuse boutique. En approchant de cette dernière, je vois un gars assis tout seul en train de regarder probablement un DVD sur un ordinateur portable. De profil, je trouve qu'il ressemble à Michael Youn, ce que je signale immédiatement à Flo. Attends on est à Bora Bora, on n'a pas vu un seul « people » alors si on trouve au moins un sosie !!
Flo est intriguée aussi et une fois dans la boutique d'où nous avons une vue « de face » de la personne, elle le regarde du coin de l'œil, et me dit qu'effectivement on dirait que c'est lui… Bon, on va pas non plus passer notre temps à le dévisager, nous nous asseyons à notre tour dans la salle d'attente et sommes cette fois tout à fait certaines qu'il s'agit du « vrai » Michael Youn. C'est bizarre de le voir là hors du contexte et tout seul…
D'autres personnes qui vont prendre l'avion commencent à arriver et un couple va carrément lui parler. Il a fait Moorea aussi apparemment… et va donc voyager avec nous jusqu'à Rangiroa.

Atoll
L'avion est à l'heure et nous voilà partis pour une heure dix de vol, wow, c'est long ! Nous pensons avoir droit à un déjeuner mais ce n'est pas le cas, juste un jus d'orange…
Rangiroa est un atoll qui fait partie des îles Tuamotu, au Nord des îles de la Société (Tahiti, Moorea, Huahine, Raiatea et Bora Bora) que nous quittons donc désormais. Toutes les îles que nous avons visitées jusqu'à présent étaient des îles « montagneuses », les atolls sont des immenses anneaux entourant un lagon. La « montagne » qui se trouvait à l'origine au milieu a été complètement engloutie dans l'eau.
Vers 13h30, nous atterrissons à Rangiroa. Nous attendons nos bagages près d'un mur, Flo a son sac sur le dos… A côté d'elle on voit une dame qui fait une drôle de tête. Elle prend son sac et penche sa tête dedans, comme si elle voulait « sentir » quelque chose. C'est là que Flo se penche discrètement vers moi pour me dire que le coquillage dans son sac a une odeur plus que désagréable et que la dame a dû penser que ça venait de son propre sac !!! Hum…
Michael Youn a disparu…
Nous récupérons les bagages et cherchons quelqu'un avec « Pension Glorine » sur un panneau. Ne trouvant personne, nous nous renseignons et on nous indique une jeune femme. C'est bien elle, elle s'appelle Sabine. Nous embarquons à bord d'un 4X4, à l'arrière avec les bagages et c'est parti vers la pension où nous arrivons dix minutes près. Elle se trouve près de la passe de Tiputa à l'extrémité de la bande de terre de quatorze kilomètres sur laquelle se trouve le village d'Avatoru (le chef lieu de Rangiroa) et l'aéroport. Sabine nous montre notre bungalow, au confort simple mais correct, puis nous montre la salle à manger dans laquelle nous prendrons nos repas en commun avec les autres pensionnaires. Comme nous n'avons pas mangé, nous lui demandons si elle peut nous préparer un sandwich. « Pas de problème ». Nous lui parlons aussi de notre histoire d'argent liquide. Là elle nous dit qu'elle ne peut rien faire, qu'il faudra demander à Mareva qui dirige la pension, elle sera là vers 17h. Notre première nuit est déjà payée grâce à des arrhes que nous avons envoyés, pour les trois nuits suivantes il faudra peut-être qu'on aille dormir sur la plage !! En attendant on mange la moitié de l'énorme sandwich que Sabine nous a préparé.
Puis nous retournons au bungalow pour nous installer et décidons d'aller marcher un peu aux alentours pour découvrir l'environnement.
Juste en face de la pension il y a un petit snack mais il ferme vers 14h.
Devant la pension il n'y a pas de plage, il faut marcher environ deux cents mètres pour arriver à une étendue de sable, mais celui-ci est toujours bien moins fin et moins blanc qu'aux Maldives. C'était pourtant ici à Rangiroa qu'on s'attendait à trouver de belles plages comme sur les cartes postales… Serait-ce un mythe ?
Nous passons devant les quelques maisons qui se trouvent autour de la pension, dont une qui retient particulièrement notre attention. En effet, il y a donc la maison, avec les vitres ouvertes et les tissus polynésiens en guise de rideaux, mais juste à côté il y a une grande dalle de béton avec… une cuvette de toilettes au bout. Euh… A moins qu'il y ait eu un cyclone qui soit passé par là et qui ait tout emporté sauf la cuvette, on n'a pas tout compris !!
Nous passons dans une petite boutique au bord de l'eau, apercevons un club de plongée et arrivons à l'hôtel Kia Ora avec ses bungalows sur pilotis et sa grande cocoteraie. L'hôtel cinq étoiles du coin. Nous nous y baladons tranquillement et décidons de rentrer à la pension non pas par la plage mais par « l'intérieur des terres », en fait la route goudronnée qui passe côté océan. Nous allons d'ailleurs faire un tour près de l'océan sans trop s'approcher car les vagues sont grosses, et arrivons sur une « plage » faite de morceaux de coraux blancs plus ou moins gros, faudra peut-être en ramener tiens !

Barrière côté océan
Puis nous nous arrêtons dans une boutique qui fait cyber café (toujours intéressant) et qui vend des perles, et rentrons à la pension.
Comme il est 17h, nous allons voir Mareva pour lui expliquer notre problème de liquide. Elle doit avoir vingt cinq ans et nous apprendrons plus tard qu'elle est la belle fille de Glorine et que c'est elle désormais qui dirige la pension. Elle a l'air assez timide d'ailleurs. Mais revenons à nos moutons… « Voilà on n'a pas pu retirer… patati et patata… va-t-on dormir sur la plage pour les deux dernières nuits ? ». « Ah mais y'a pas de problème, vous viendrez au magasin et on s'arrangera là-bas, il a une machine pour la carte bleue ! ». Ok ! voilà, ici y'a jamais de problèmes que des solutions ! Et on n'a pas fini d'en trouver des solutions…
Nous réservons également la visite du « lagon bleu » pour le lendemain, il s'agit d'un mini lagon à l'intérieur du grand lagon de Rangiroa (le second plus vaste du monde avec ses soixante quinze kilomètres de long pour vingt six de large). Pour s'y rendre, il y a juste une heure de bateau…
Puis, nous retournons au bungalow dont la porte ferme à l'aide d'un cadenas. Comme Flo me psychote à mort pour tout fermer à clé, j'avais mis ce fameux cadenas, sauf que j'ai oublié la clé à l'intérieur… C'est ma journée ! Donc, on retourne voir Mareva pour lui demander le double… Elle nous file tout un trousseau de clés, mais pas une ne marche ! Ah, ben en fait elle a pas de double ! Super ! Elle nous dit de patienter un peu, elle va venir voir ce qu'elle peut faire. Ne voyant rien venir au bout de quinze minutes, nous y retournons et finalement elle appelle son mari qui dit qu'il va essayer de casser le cadenas. Bon courage ! Équipé d'un marteau, il essaie donc en tapant dessus pendant dix minutes, mais sans succès. Bon, on va pas s'embêter plus longtemps hein ? Allez un grand coup dans la serrure et tout vient avec ! C'est réglé, et moi je sais plus trop où me mettre… La porte ferme toujours de l'intérieur grâce à un crochet, mais pour l'extérieur, comme en plus il y a du vent, nous allons y mettre une chaise pour la bloquer… Si des voleurs passent dans le coin !!

Coucher de soleil
Ca papote, et ils nous disent qu'ils n'ont pas pu faire la balade au lagon bleu à cause de la mer trop agitée… Alors c'est l'excursion qu'on doit faire le lendemain, je sens Flo se « décomposer » quelque peu…
Nous apprenons aussi… qu'ils sont profs (je vous l'avez dit !) et qu'il faut se déchausser avant d'entrer dans la maison (Oups ! On savait pas).
Au menu, c'est poisson cru en entrée (en carpaccio avec de la moutarde, succulent !), le poisson étant du Mahi Mahi (la dorade du lagon, à prononcer « méiméi »), puis du thon grillé, pêché du jour et dessert. C'est le mari qui fait le service, Mareva a fait la cuisine, et leur petit garçon est dans les parages. Nous réussirons à comprendre qu'il s'appelle Ono et a deux ans (pas facile l'accent polynésien quand ils roulent bien les « R », mais trop marrant !).
A 19h30 tout le monde au lit ! C'est vrai que ça fait tôt, mais il fait nuit et il n'y a rien à faire ! Flo installe enfin la moustiquaire qu'elle transporte depuis Paris. En général dans les hôtels il y en avait sur les lits, mais là il n'y en a pas et justement il y a un crochet au plafond, ça tombe bien ! Moi, je résiste (à la dure !) mais les tortillons verts anti-moustiques brûlent toujours (on ne va pas s'asphyxier puisque les fenêtres ne ferment pas). Et puis faut bien entendre le coq !! Flo décide de prendre une douche et remarque qu'il n'y a que de l'eau froide. On n'a pas dû tout comprendre au chauffe eau… Moi je peux pas, j'essaierai le lendemain !
Lecture puis dodo vers 22h.
01 mars 2005
Jour 15 : Rangiroa
Jeudi 26 Août
Rangiroa
Réveil à 6h30 (c'est de pire en pire ces vacances !). Il y a toujours du vent mais ça s'est un peu calmé, la visite du lagon bleu aura donc bien lieu.
Je prends une douche à l'eau froide (au moins, ça réveille…) et nous allons dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Tout est déjà prêt sur la table avec pain, beurre, confiture et jus d'orange. Nous nous en servons d'ailleurs un grand verre et après l'avoir goûté, on s'abstiendra les prochaines fois (ça doit être du Tang™ !!). Nous demandons à Mareva comment faire pour avoir de l'eau chaude pour la douche : « Ah ben non il n'y en a pas ! »… Ok… à la dure !
A 8h, le 4X4 qui vient nous chercher pour l'excursion arrive pile à l'heure. Nous sommes seules. Nous nous arrêtons ensuite à la pension d'à côté, chez Joséphine, pour récupérer un jeune couple en lune de miel. Nous commençons à discuter avec eux de tout et de rien et en arrivons à Michaël Youn. Ils l'avaient rencontré au Tiki Village à Moorea (tout seul) et avaient aussi vu Laurence Boccolini au restaurant des Tipaniers. Je vous rappelle qu'elle vient de se marier avec Mister Tahiti !
Bref, nous apprenons aussi que la fille est instit (décidément) et qu'ils sont de Toulon. Entre temps nous nous sommes encore arrêtés et avons finalement récupéré six autres personnes.
Et nous voilà partis, effectivement il y a des petites vagues d'environ un mètre, mais comme c'est une petite embarcation, ça ne tangue pas, ça « tape », c'est à dire que la pirogue a tendance à rebondir sur les vagues. Si vous avez besoin d'un massage fessier, je vous le conseille !

Motus
Vers 9h45, nous approchons du lagon bleu, celui-ci est entouré d'une mini barrière de corail avec une mini passe qu'emprunte le bateau. Il s'arrête ensuite à bonne distance d'un îlot. Comme il n'y a pas beaucoup d'eau, il ne va pas pouvoir aller plus loin et il va falloir finir à pied (nous avons de l'eau jusqu'aux cuisses). Quelques petits requins de récif viennent nous rendre visite…
Comme Flo est un peu barbouillée après le voyage (mais elle est contente, elle a résisté !!), je décide d'y aller seule. Je m'équipe de mon appareil photo et de ma caméra, mon bob rose sur la tête et c'est parti. Le temps commence à se lever et les couleurs à changer.
Après trente minutes de marche dans dix centimètres d'eau, en essayant de faire gaffe où on met les pieds (merci les sandales ventouses !!), j'arrive sur l'île. Celle-ci est complètement déserte et je constate qu'on ne peut pas la traverser par le milieu car c'est une véritable jungle.

La jungle
J'opte donc pour en faire le tour en marchant sur le bord ou dans l'eau. Je remarque également que ce que je croyais de loin être une plage de sable est en fait une plage faite de minuscules coquillages. J'essaie d'en ramasser, mais ils sont tous pleins, alors tant pis. Je vois déjà un oiseau avec un très long bec très effilé, puis des oiseaux blancs comme des colombes (pas des mouettes, je sais reconnaître une mouette quand même) ainsi que d'autres oiseaux noirs. Je prends quelques photos et passe de l'autre côté de l'îlot, la vue du motu sur lequel on a accosté m'est désormais cachée et là tu te sens un peu seul au monde… Il y a d'autres motus aux alentours, mais pas âme qui vive. Je continue mon petit bonhomme de chemin lorsque le soleil apparaît cette fois vraiment et là c'est une féerie de bleu, de blanc, de vert mais aussi de rose ! Il y a certains bancs de sable au loin qui sont roses. Quelques petits requins s'éloignent à mon arrivée, et j'aperçois également une raie grise qui se la coule douce. Je mitraille dur avec mon appareil (soixante dix photos uniquement sur ce site !), c'est vraiment LE site à « photos cartes postales ».

C'est trop beau...
Je continue ensuite en essayant de m'enfoncer un peu dans la « jungle » et je me rends compte que je suis « suivie » par le couple de jeunes qui me font trop marrer à se prendre en photos avec le paréo, sans le paréo, allongé sur la plage, devant le cocotier etc…
J'arrive dans une sorte de clairière dans laquelle il doit y avoir une trentaine d'oiseaux. Un autre couple est là en train de les admirer. J'essaie de m'approcher sans les effrayer (les oiseaux) et prends encore quelques photos. Allez, il est désormais temps de rentrer, et lorsque le motu réapparaît, je me rends compte que quatre autres bateaux de touristes sont arrivés entre temps. Ce site du lagon bleu est vraiment magnifique et en plus de toute la palette de couleurs, le fait qu'il y ait quelques nuages change parfois totalement le paysage lorsque le soleil disparaît ou apparaît.

Mini plage
A 12h précises, roulement de tambour, enfin, de tamtam pour annoncer que le repas est prêt. Comme d'habitude ce sont nos guides/pilotes/capitaines qui ont tout préparé, au menu, poulet et poisson, légumes et fruits. Ainsi qu'un très bon cake à la noix de coco. Nous nous installons tous autour de grandes tables, avec les gens d'un autre bateau pour festoyer.
Vers 13h, c'est terminé, et que fait-on des restes ? On va les donner aux requins ! Nous allons donc au bord de l'eau, du côté où il n'y a pas de plage et là le cuisinier commence à faire la vaisselle et à jeter les restes dans l'eau, et au bout de cinq minutes, il doit y avoir cinquante minis requins qui viennent se rassasier ! Quand je pense qu'un petit truc comme ça nous avait fait peur un soir au bord de la plage aux Maldives et que là on est les pieds dans l'eau au milieu…
Comme notre départ est prévu pour 14h, nous allons « glander » un peu sur le sable et faisons LA photo sur le cocotier penché (et dire que je me moquais des autres !). Certaines personnes se baignent, bref, c'est l'heure de la détente et de la digestion. Moi je repars à la recherche de coquillages et j'en trouve quelques uns de vides…
Vers 14h, nous repartons à pied vers notre bateau (euh, tu es sûre que c'est bien celui-là ??!! Oui !) et embarquons. Nous faisons un arrêt juste après la mini passe pour voir des requins plus gros. Effectivement, là, rien à voir avec nos petits bébés requins. L'un des gars sort un gros morceau de viande, l'accroche à un fil et le jette à l'eau. Nous aussi on peut se jeter à l'eau si on veut (c'est ça !). Et là un requin attrape le morceau de poisson et ne veut plus le lâcher. C'est un requin citron qui doit mesurer deux mètres, genre les dents de la mer ! Et le bateau qui penche sérieusement du côté où il ne faut pas, ce n'est pas très rassurant quand même. On est bien contentes de pas être dans l'eau finalement !

Bye bye lagon bleu
Allez hop un autre petit massage fessier (bonjour les bleus !!) tout en musclant un peu les bras parce qu'il faut bien se tenir quelque part pour ne pas rouler par terre et après une heure de navigation, nous apercevons les contours de notre atoll. Contrairement à l'aller d'ailleurs, nous longeons un peu plus longtemps la côte et passons devant quelques cabanes complètement isolées au fond de criques, devant de jolies petites plages et aussi devant des fermes perlières… A propos d'isolement, c'est à Rangiroa qu'on peut vivre « l'aventure robinson ». On se fait déposer pour plusieurs jours sur un îlot désert avec une machette et après faut se débrouiller pour survivre !
Juste avant d'arriver au port, nous avons droit au passage de poissons volants argentés qui scintillent au soleil (c'est beau) puis nous accostons. Il doit être 15h30. C'est pas que nous sommes mouillés mais un peu quand même finalement ! Et puis le sel, ça colle ! J'ai l'impression d'être un marin au long cours qui rentre de voyage !
Nous reprenons notre 4X4 pour rentrer à la pension. Une bonne douche froide raffermit les muscles et surtout « dessale » bien !
Nous nous prenons ensuite un petit apéro devant le coucher du soleil et rentrons au bungalow pour patienter jusqu'à 18h30. Moi, j'avais sorti les coquillages de mon sac et les avais posés sur mon lit. Et « voilà-ti » pas que l'un d'eux tombe par terre. Flo me demande ce qui vient de tomber du plafond. Euh, déjà c'est pas du plafond ! Moi je me demande ce qui se passe quand même, et en fait je m'aperçois que le coquillage il était pas vide et le monsieur dedans il voulait pas rester là ! Allez hop, je vais le rejeter à l'eau…
C'est l'heure du repas, toujours avec nos profs mais sans nos « américanadiens ». Au menu, je vous le donne « émile », du Mahi Mahi !! Mais cette fois préparé avec de la crème et des beignets d'aubergines, c'est un délice ! Finalement, pas la peine d'avoir différentes sortes de poissons, il suffit juste de pas le préparer pareil !
Comme d'hab à 19h30 c'est terminé, retour au bungalow et lecture avant un dodo bien mérité vers 21h30.
03 mars 2005
Jour 16 : Rangiroa
Vendredi 27 Août
Rangiroa
Réveil à 7h, ça ne s'arrange toujours pas ! Remarque comme on se couche tôt… Il y a encore du vent, d'ailleurs c'est à se demander si cet atoll existe sans vent.
Nous allons prendre notre petit déjeuner tranquillement. Flo en a un peu marre de « bouger » comme ça tous les jours et a décidé de ne rien faire de la journée. Quand je pense que c'est elle qui veut ça et pas moi… Hum… Mais « c'est pas faux » comme dirait l'autre, à part au Méridien, on n'a pas arrêté et Flo sature un peu.
Pour ma part, je décide de louer un vélo pour aller « au village », ça ne devrait pas être trop dur, la route est plate. Mais il y a quand même douze kilomètres pour y aller, et douze pour revenir…
Plutôt que de louer le vélo à la pension, car ils n'ont pas l'air en très bon état, je me rends dans un petit curios à côté où j'en ai repéré un qui a l'air neuf. Et surtout il a une selle qui a l'air confortable. J'ai un mauvais souvenir d'une balade comme ça à Venice Beach le long de l'océan, où après deux heures de vélo, j'avais eu de mal à m'asseoir par la suite !
La location est de 500 XPF la demie journée soit environ 5 €. J'opte donc pour un beau vélo rouge avec un panier sur le guidon et sans frein, pour freiner, c'est le rétropédalage. Ca surprend la première fois !!
Bob rose sur la tête, et sac à dos avec appareil photo et la carte bleue de Florence en prime pour essayer de retirer de l'argent, c'est parti vers 8h10.
La route longe l'atoll du côté océan, c'est très agréable, il fait beau et le vent me pousse. A 9h, et après un ou deux arrêts photos, j'arrive à Avatoru. Je traverse tout le village afin de repérer un peu où se trouve la poste et la banque puis je reviens sur mes pas pour m'arrêter au distributeur… Est-ce qu'il va bien vouloir me donner un peu d'argent ? Oui, 20000 XPF chacune, ce sera ça en moins à retirer sur la carte pour Mareva.
En allant à la poste, je passe devant l'école maternelle et primaire (ça piaille bien là-dedans !), et devant la mairie. Je m'arrête faire une ou deux boutiques sans rien acheter et je reprends tranquillement ma route vers la pension.

Barrière côté océan
Je repasse devant le collège de Rangiroa que je prends en photo (c'est vraiment dingue de voir un collège sur ce morceau de terre !) et cette fois, je sors vraiment du village. Et là le vent est bien contre, mais ça va, j'arrive quand même à avancer ! Mais c'est plus dur physiquement. Du coup, je décide de m'arrêter pour me reposer un peu et j'en profite pour faire un tour sur la barrière côté océan où il y a une sorte de plage faite de morceaux de coraux très gros et très blancs. J'en trouve qui sont encore en bon état et je les mets dans mon petit panier à vélo (c'est utile !). Je repars et en arrivant près de la passe de Tiputa, là il n'y a plus aucun abri et le vent est très violent, j'avance à deux à l'heure ! Heureusement, la pension est tout près.
Je rends mon vélo vers 10h30, finalement j'aurai bien roulé et fait du sport ce matin !

Passe de Tiputa
Je retourne au bungalow retrouver Flo qui fait ses comptes. Nous en profitons d'ailleurs pour remettre tout ça à plat, et constatons que le budget est quelque peu dépassé.
Nous retournons au bungalow pour attendre la navette qui doit nous conduire à la ferme perlière que nous avons décidé de visiter cet après-midi. Ono est dans les parages, et vient discuter avec nous, Flo essaie de le prendre en photo, mais il est très remuant !
Le minibus climatisé arrive vers 13h45, il est rempli d'italiens qui parlent fort (pléonasme). Cinq minutes après, nous arrivons, et on nous dirige d'abord vers la boutique. Puis une dame arrive pour nous faire la visite proprement dite. Nous voyons d'abord les gens qui sont chargés d'enlever les huîtres de leurs filets et de les entrouvrir pour les donner au greffeur, puis nous voyons celui-ci greffer avec cette technique très particulière et enfin, nous voyons d'autres personnes qui sont chargées de remettre les huîtres greffées dans d'autres filets avant de les remettre à l'eau. C'est un peu du travail à la chaîne… Alors « comment ça marche » ? Et comment en arrive-t-on à avoir une perle dans une huître ?

Huître
L'huître perlière s'appelle la Pinctada Margaritifera. A l'origine, la perle se formait "naturellement", mais le phénomène se produisait très rarement, c'est pourquoi on a décidé d'aider l'huître à produire la perle. Ce mollusque est présent dans le pacifique mais surtout dans les eaux chaudes et dont la température ne varie pas beaucoup sur l'année. La greffe a lieu sur des huîtres qui ont trois ans d'âge. Elles sont donc sorties de l'eau à ce moment-là, après avoir passé leur "première vie" dans l'eau dans des filets, huîtres qu'il faut entretenir pendant ce temps-là, à savoir brosser pour empêcher les algues et autres bestioles de s'agglutiner dessus.Une fois les huîtres sorties, elles sont entrouvertes à l'aide d'un écarteur afin que le greffeur puisse faire la greffe. Cette dernière consiste en l'introduction dans la poche perlière d'un nucleus (une petite boule de nacre de six millimètres environ provenant d'une moule du Mississippi) et d'un morceau de manteau d'une huître sacrifiée. Le manteau est la partie qui se trouve sur le bord de la coquille de l'huître et qui a une couleur noire, c'est ça qui donnera sa couleur à la perle. Pour savoir quel manteau choisir sur plusieurs huîtres sacrifiées, il suffit de voir l'intérieur de la coquille et les dégradés de couleurs, et si les dégradés sont jolis alors on prendra ce manteau. La technique pour faire la greffe est très minutieuse car il faut faire attention de ne pas blesser l'huître lorsqu'on introduit le nucleus. Le greffeur utilise des petits instruments chirurgicaux pour à la fois ouvrir la poche perlière et introduire le nucleus.

Greffeur
Après toutes ces explications techniques, nous retournons à la boutique pour voir un peu ce qu'il y a. J'aimerais bien acheter des perles pas trop chères (donc non montées), mais comme nous ne sommes pas sûres de savoir si nous pourrons justement les faire monter en pendentif, nous n'achetons rien.
Les perles sont classées en différentes catégories. Les catégories A n'ont aucune imperfection, les B entre une et deux etc… jusqu'à D. Elles peuvent être rondes, ovoïdes, en forme de poire, de goutte ou cerclées (la nacre forme comme des cercles autour de la perle et sa surface n'est donc pas lisse). Après il suffit de choisir en fonction de son goût, de la couleur et bien entendu du prix.
Nous remarquons un magnifique collier de perles toutes rondes de la même taille avec des couleurs différentes : rose, gris, bleu, vert, aubergine, il est magnifique et coûte 12000 €… Un des italiens essaie de marchander une énorme perle, mais ça ne marche pas.
Nous reprenons la navette et comme nous le supposions, les italiens sont tous logés au Kia Ora (ils ont du fric ces gens ! Et ils parlent toujours aussi fort !). Plutôt que de retourner à la pension, nous demandons à la navette de nous déposer dans la petite boutique qui vend des perles et qui fait cyber café juste à côté. Nous discutons avec la fille qui est très sympa pour savoir si elle fait les montages, combien ça coûte et combien ça prend de temps. Et là, comme on nous l'a souvent dit, il faut tomber sur la perle qu'on aime et si ça arrive, il faut acheter celle-là. Moi j'en vois une qui me plait vraiment beaucoup et qui est dans les prix que je comptais y mettre, donc je l'achète. Nous décidons également de retourner le lendemain matin à la ferme pour acheter les perles et les faire monter dans cette boutique.

L'océan
Je tente de me remettre avant 18h30 (moi j'ai préféré le Maupiti Express aux coquillages !) et nous nous rendons dans la salle à manger. Nos profs sont partis et sont remplacés par un jeune couple, plutôt sympa. Sur ce, arrive un autre couple de personnes plus âgées (la cinquantaine) qui ne loge pas à la pension. Ils nous annoncent, non sans une certaine fierté et de façon très hautaine qu'ils sont en bateau, qu'ils vont faire un tour du monde pendant deux ans, et que ce sont les meilleurs (en gros). Oui, ok… Ils connaissent tout sur tout, et on en arrive à parler des perles justement. Comme on a eu le cours magistral dans l'après midi on sait un peu de quoi on parle, mais le mec ne veut rien entendre. Lui, il sait comment on fabrique les perles et où trouver les plus belles. J'ai vu le moment où Flo allait s'énerver !! Puis là le truc qui tue et qui te cloue… Le gars commence à dire qu'il trouve la Polynésie extraordinaire. Oui, bon, là rien de bien nouveau, moi je m'attends à ce qu'il dise que les lagons sont splendides ou un truc dans ce style, mais non, ce qu'il trouve extraordinaire c'est que sur chaque île, chaque atoll il y a un aéroport !! Et qu'en plus d'être extraordinaire, c'est inadmissible, qu'on ne devrait pas gaspiller l'argent de l'état pour construire des pistes. Euh, mon gars et les gens sans avion, ils font comment ? Ils passent un mois sur un bateau ??! Halluciné complet ! Allez on s'casse ! Le plus rigolo a quand même été l'air « outré » qu'ils ont pris quand ils ont vu qu'ils n'étaient pas dans un restaurant gastronomique et quand le mari de Mareva a essayé de plaisanter sur le prix de la bouteille de vin, ils ont rien compris !! M'enfin, faut de tout pour faire un monde hein ?
Sur ce, dodo vers 21h15.
Jour 17 : Rangiroa
Samedi 28 Août
Rangiroa
Lever vers 7h30 pour un petit déjeuner après douche froide vers 8h15. J'ai fait des rêves débiles cette nuit (et pourtant j'étais pas stressée par la météo !), le premier, y'avait Julien de la Nouvelle Star qui chantait avec Stevie Wonder autour d'un piano au milieu du lagon, et le deuxième, le fils de Bacri et Jaoui voulait que je joue dans son film… Ok… Je pense que le Mahi Mahi me monte à la tête…
Nous patientons jusqu'à 9h pour appeler la ferme perlière afin qu'ils nous envoient leur navette. C'est Flo qui s'en charge, mais malheureusement comme on est samedi, le chauffeur n'est pas libre. Ah… Bon, on va quand même pas y aller à pied, ça fait un peu loin. C'est alors que nous remarquons que le truck (leur fameux transport en commun) est garé juste en face, à côté d'un cargo en train de décharger de la marchandise. Nous nous approchons et réussissons à trouver le chauffeur et lui demandons s'il peut nous emmener jusqu'au village et à la ferme perlière. « Pas de problème ! ». Nous demandons quand même le prix, ce sera 500 XPF (ça va).

Truck
Nous allons d'abord à la banque et demandons à notre chauffeur de nous y arrêter. Nous pouvons retirer 5000 XPF chacune aujourd'hui, c'est déjà ça de pris. Le truck se gare et nous attend. Nous remontons dedans et repartons vers la ferme. Nous ne savons pas trop pour combien de temps nous allons en avoir (il faut choisir les perles quand même !) mais « pas de problème », il va nous attendre ! Et si y'a d'autres personnes qui veulent le prendre, tant pis pour elles !! Y'a pas vraiment d'horaires ni d'arrêts précis si vous voyez ce que je veux dire.
Nous entrons dans la boutique de la ferme et commençons à choisir nos perles en fonction des prix que nous voulons y mettre. Moi j'en achète deux et Flo une. Nous nous prenons également en photo avec le fameux collier à 12000 €. La vendeuse est très gentille et on discute un bon moment avec elle. Il faut qu'elle soit patiente parce que choisir des perles, c'est vraiment long !!
Après ces achats, nous reprenons notre carrosse et demandons au chauffeur de nous déposer à la boutique qui fait le perçage et montage un peu avant la pension. Y'a « pas de problème », mais comme il nous a attendu longtemps, au lieu de 500 XPF pour les deux, ce sera 500 chacune ! Ok, bon, c'est vrai il a plus joué le rôle du taxi. Sinon, ce chauffeur a une particularité, il porte une casquette et accroche son portable derrière celle-ci, là où il y a la languette pour régler la taille. Si vous voulez essayer et avoir le « style polynésien » !!
Dans la boutique, moi c'est très simple, je veux juste faire percer les perles afin de pouvoir y passer un fil. Flo veut y mettre une « bélière » pour en faire un vrai pendentif, il faut donc désormais choisir quel type. Je vous le dis, c'est tout un art !

Pension Glorine
Nous allons déjeuner au snack (deux poulets grillés frites) et y rencontrons notre couple du lagon bleu.
Pour cet après-midi, moi j'ai décidé d'aller à la plage à côté et de nager un peu. Faut bien que je teste tous les lagons où je passe ! Flo, elle, décide de rester se reposer au bungalow, puis elle ira avec Mareva au magasin pour régler nos dettes. Justement comme elle ne sait pas vers quelle heure elles s'y rendront, nous allons la voir et là le téléphone de la pension sonne. Justement c'est pour moi, c'est la gendarmerie… Euh… qu'est-ce que c'est que ce binz ? Je suis pas coupable !!
« Allo ?
- Oui allo, c'est la gendarmerie d'Avatoru.
- Euh…
- Mais non, c'est la boutique de perles !
- Ahhh !!! »
Qu'est-ce qu'ils sont moqueurs dans ce pays !!!
En fait, la fille voulait parler à Flo car elle voulait avoir son autorisation pour changer la bélière car ça n'allait pas sur la perle…

La baie
Après cette détente bienvenue, je retourne au bungalow où j'aperçois Flo dans la voiture de Mareva avec Ono, sur le point de partir pour Avatoru. Moi, je n'ai pas entendu, mais il paraît que quand Ono m'a vue et qu'il a vu que sa mère démarrait sans m'attendre, il a crié : « Hey maman, l'aut' touriste ! On la prend pas ? »
Je me prends une douche froide histoire de me dessaler et je décide de retourner à la boutique de perles pour aller poster quelques mails, puisque elle fait aussi cyber café.
Je laisse un message à Flo comme quoi je pars pour la boutique et comme je ne trouve pas de papier, je le laisse sur un magazine. Finalement je les rencontre sur le chemin alors qu'elles sont de retour (Flo ne m'a pas vue !!).
Evidemment pas d'ADSL là non plus et la connexion est très très lente, et en une demie heure, j'ai le temps de poster trois mails…. Pas très efficace !
Je retourne à la pension (on marche beaucoup ici !) et j'avais eu la mauvaise idée de ne pas m'attacher les cheveux, je vous raconte pas avec le vent, c'est un désastre !
Je retrouve Flo qui me raconte son après-midi, elle n'a pas trouvé mon mot sur le magazine…
Elle a lu en attendant que Mareva ait fini sa sieste, puis elles ont fait les comptes ensemble, Flo lui a donné ce qu'on pouvait lui donner en argent liquide, puis elles sont parties au magasin où Flo a réglé en fait la note de la pension en fonction de ce qui nous restait à payer.
Dans la voiture, elle a pu bien discuter avec Mareva sur sa vie. C'est donc la belle fille de Glorine, elle est de Tahiti. Lorsqu'elle est tombée enceinte, comme pour toutes les filles dans les îles éloignées, c'est Air Tahiti qui l'a appelée un mois avant l'accouchement en lui disant qu'il fallait qu'elle prenne l'avion pour aller à Papeete ! Pour le pédiatre pour Ono, elle va à Tahiti une fois par mois. A Rangiroa, les enfants peuvent aller jusqu'au collège et ensuite, c'est Papeete s'ils veulent continuer leurs études. C'est pas une vie si évidente que ça, faut s'organiser. Contrairement à ce qu'on pouvait penser elle est tout à fait prête à discuter, juste un peu timide.
Bref, tout est réglé désormais, et comme sur la prochaine île tout est payé d'avance, il n'y aura plus de problèmes d'argent liquide…
A 18h30, nous allons dîner, notre couple de navigateurs n'est pas là, mais est remplacé par deux gars qui naviguent eux aussi, et sont américains. Ils sont très sympas et très ouverts d'esprit, on peut discuter avec eux. L'un des gars est de Hawaï… Le jeune couple est toujours là également. Bonne soirée ! On discute même jusque vers 20h ! Allez vite au dodo sinon demain on ne sera pas levées à 7h !!







