04 mars 2005
Jour 18 : Rangiroa => Manihi
Dimanche 29 Août
Rangiroa => Manihi
Et oui, levées à 7h pour aller prendre le petit déjeuner à 8h… Vers 9h, nous partons à pied vers la boutique afin de récupérer nos perles. Finalement, l'aller-retour ça prend mine de rien près d'une heure ! Ca réveille en tout cas avec le vent qui n'a toujours pas faibli. Nous saluons une dernière fois la vendeuse (on commençait à bien la connaître !) et retournons à la pension.
Nous refaisons nos bagages et attendons 11h15 pour le départ vers l'aéroport. Flo fait et refait ses comptes pendant que moi… je contemple ! Oui, je suis assise sur ma chaise et je regarde le paysage (j'aime bien ne rien faire).
Mais voilà que Mareva arrive avec le 4X4, nous embarquons les valises tant bien que mal et elle nous offre à chacune un magnifique collier de fleurs de tiaré. Voilà donc pourquoi tous les matins, nous la voyions couper des fleurs et faire les colliers. Nous pensions qu'en fait elle allait les vendre à l'hôtel de luxe d'à côté ! En tout cas, ils sont énormes (rien à voir avec ceux du Méridien) et ça embaume !
Nous arrivons à l'aéroport où nous enregistrons encore une fois sans problème les bagages et attendons un peu. L'avion arrive dix minutes en avance et comme tous les passagers sont là, nous partons en avance. Il faut quand même tendre l'oreille car il n'y a pas d'annonce, juste un gars qui crie pour appeler les gens. Nous nous installons à bord et le collier, c'est sympa mais c'est lourd autour du cou !!
Après trente cinq minutes de vol, nous atterrissons à Manihi (la dernière île de notre voyage… snif !). Manihi comme Rangiroa fait partie des Tuamotu et c'est aussi un atoll. Petite surprise en sortant de l'avion, l'aérogare est une minuscule cahute. Là, une dame nous accueille en nous serrant la main mollement, mais je ne retiens pas son nom. Deuxième surprise, nous devons embarquer dans un truck pour aller récupérer les bagages qui vont suivre. En fait, voilà l'explication. La piste de Manihi est construite sur un morceau d'atoll. Lors du précédent ouragan, elle a été en partie détruite et ils ne l'ont pas reconstruite. Ce qui fait qu'elle s'arrête un peu au milieu de rien, il faut prendre un truck pour aller à l'aérogare qui se trouve un peu plus loin (à l'endroit où la piste s'arrêtait à l'origine…). Nous arrivons dans le bâtiment et attendons les bagages qui arrivent en tracteur. Nous les récupérons et nous nous préparons à les porter lorsque la femme qui nous a accueillis arrive, prend ma valise dans une main, celle de Flo dans l'autre, et un autre sac à dos et commence à porter le tout… Euh… Wow, elle est trop forte… petit doute quand même.

Notre "taxi"
« Vous voulez vous taper un sandwich ?
- Euh… oui, enfin, le manger ça suffira.
- Vous pouvez aller à la petite boutique pour en acheter.
- Ah bon, OK alors. »
Et nous voilà tous partis pour acheter de quoi manger. Nous nous installons à l'ombre pour déguster la chose pendant que la bonne femme va discuter avec ses copines de la boutique.
Finalement la voilà qui revient (c'est pas qu'on a attendu, mais presque) et nous embarquons. Les valises sont toutes placées sous une bâche… Il y a quatre bancs de bois sur le bateau, nous nous installons tant bien que mal et c'est parti. Flo est de plus en plus intriguée par la « dame »… Tout le voyage, elle va le passer à la scruter pour en arriver à la conclusion, qu'il s'agit… d'un homme ! Bah, moi au début je la crois pas et en fin de compte elle a raison ! Il s'agit d'un « raerae ». Les raeraes sont les travestis polynésiens qui sont bien intégrés dans la société et qui souvent s'occupent des enfants dans les familles.
C'est pas tout ça, mais j'écoute aussi la conversation des deux couples d'amis et en fait l'un des couples navigue sur un bateau et l'autre est venu le rejoindre pour naviguer avec lui. Enfin, c'est surtout la femme du deuxième couple qui va naviguer, le mari n'a pas l'air très chaud. Le fameux voilier s'appelle « Passager du vent » (c'est beau !) et la femme est comme une gamine en attendant de l'apercevoir (« Et il est où Passager du vent ??!! »). Son capitaine est un vrai baroudeur (barbe de trois jours, pieds nus…), nous l'appellerons le « capitaine Hadock ».
Nous finissons malgré tout par nous intéresser au paysage. Nous naviguons à l'intérieur du lagon, passons devant ce qui doit être l'hôtel de luxe du lieu (près de l'aéroport), apercevons la grande passe et un gros village. C'est à ce moment là que notre amie (ami ? là est tout le problème, nous allons passer le séjour à dire il/elle et à ne pas vraiment savoir… Finalement comme on saura qu'elle/il s'appelle Belle, nous dirons Belle !!) nous annonce que nous allons faire une petite halte au village pour aller chercher « les congelés ». Et là Flo qui nous sort :
« Ah on va aller chez Picard ?! »
Ah ! Ah ! Trop marrante ! On s'arrête donc, Belle descend du bateau et revient effectivement avec ce qui ressemble à un gigot congelé et des frites (le repas du soir ?).
Nous débarquons et Belle nous indique notre "chambre".

La chambre
Elle est située dans une toute petite cabane (j'ose pas appeler ça un bungalow), il y a deux chambres, la largeur est celle du lit et ça ressemble à une cabine de bateau. Ok, ils avaient dit « expérience authentique » sur le guide, ça doit être ça. Nous déposons nos bagages et allons faire un tour pour voir un peu à quoi ça ressemble. Juste à côté, il y a deux douches. Alors euh… y'a pas de portes à ces douches. C'est juste en face de la plage, je me vois mal me doucher devant tout le monde… Nous approchons de la maison principale et rencontrons le propriétaire, Edmond. Ce dernier vit seul ici (sa femme est partie avec un autre, d'où un accueil et une organisation des plus sommaires pour une pension), avec sa fille de douze ans et Belle. Il nous explique un peu comment ça marche, les repas c'est à 19h, et il nous indique que les sanitaires se trouvent de l'autre côté. Ah ! Alors pas de douche en plein air ! En fait, il y a deux WC et une douche… pour douze… C'est pas le camping mais presque. La douche n'est pas fermée, il y a juste un rideau. Ok… Bon... Zen…"Authentique" on a dit.
Nous demandons s'il y a des visites de prévues, peut-être demain ce sera la ferme perlière, on verra. Nous pensions d'ailleurs que la ferme se trouvait sur le motu, mais apparemment non.
Allez on va se détendre, moi je vais tester le lagon de Manihi. La plage n'est pas très grande, le sable pas très fin, et l'eau pas très poissonneuse ! J'en vois quelques uns des poissons mais c'est sûr que ce n'est pas le jardin de corail !
Après ça, je vois qu'il n'y a personne aux sanitaires alors je vais prendre ma douche. Évidemment, l'eau est froide.
Nous réalisons aussi que le gars qui est tout seul va loger dans la chambre juste à côté de la notre, j'espère qu'il ne ronfle pas !

Coucher de soleil
Donc pour résumer, on est douze sur cette île de deux cents mètres de long sur cinquante de large, à trente minutes en bateau de toute civilisation, est-ce que c'est ce qu'on appelle « le bout du monde » ? Pas loin…
A 19h, ça sonne, nous allons donc manger. Il y a deux tables, l'une avec les deux couples d'amis (l'un loge sur le bateau, l'autre à la pension) et l'autre table avec nous, le gars tout seul et l'autre couple. Au menu, du poulet, des spaghettis bolognaises et un gâteau aux pêches en boite. C'est Belle qui fait la cuisine.
Je trouve que l'eau à un goût bizarre. En fait, il s'agit de l'eau de pluie récoltée dans une citerne, et ça doit être le fond de la citerne justement… Genre eau croupie ! Nous demandons s'il n'y a pas des bouteilles d'eau, même à vendre, mais non, il faudra attendre demain et les courses au village… Je vous le dis, nous sommes à Koh Lanta !
Nous rejoignons notre chambre, Flo essaie tant bien que mal de bloquer la porte :
« Mais t'as pas compris qu'ici on risquait rien ?
- Oui, mais bon, on sait jamais ! »
Nous décidons de lire un peu lorsqu'à 21h… extinction des feux ! Ben oui, c'est un groupe électrogène qui fait l'électricité ici, et ça marche de 5h du mat à 21h. Ok, d'accord, mais le congélo il s'arrête aussi la nuit alors ?
Allez dodo puisqu'on n'a pas le choix !
Jour 19 : Manihi
Lundi 30 Août
Manihi
Réveil vers 7h (comme on ne sait pas trop ce qu'on va faire de la journée, mieux vaut ne pas trop tarder, et puis dix heures de sommeil, ça suffit). Flo va prendre sa douche pendant que je m'habille et nous allons prendre notre petit déjeuner. Au menu, pain congelé (la mie se détache de la croûte) avec du beurre, de la confiture et du thé.
Finalement il est prévu que nous partions tous passer la journée sur un motu, départ à 9h30. Bon, ici on est cool alors on ne part finalement que vers 9h45, nous sommes donc dix (neuf touristes et Belle qui conduit le bateau). Ca « tape » un peu mais c'est tout à fait supportable. Nous remarquons que Belle a emporté une bouteille de gaz (et également que le tuyau pour le relier au brûleur est « périmé »…), sans doute pour faire le repas du midi. On n'aura donc pas droit au feu de bois. Après quarante cinq minutes de navigation, nous arrivons sur un motu complètement isolé. « Le bout du bout du monde » en quelque sorte.
Nous débarquons et Belle nous dit que nous pouvons aller nous baigner ou nous promener avant le repas. J'opte pour la première solution pendant que Flo va aller faire un tour et des photos. Justement en parlant de photos, les deux femmes de « Passager du vent » veulent prendre Belle en photo et elle prend la pose devant la bouteille de gaz… un chef d'œuvre ! Heureusement Flo a pu être assez rapide pour immortaliser ce moment.

Belle posant avec la bouteille de Butagaz
C'est pas tout ça, mais moi je vais nager (je teste les lagons j'ai dit !), donc, je mets mon masque et mon tuba et hop je vais explorer un peu le corail. Il y a pas mal de poissons, dont un en particulier dont je ne connais pas le nom avec plein d'épines. Je prends quelques photos sous-marines et je continue lorsque je vois arriver un petit requin à pointe noire. Tiens ça faisait longtemps ! J'essaie de le suivre, je le perds de vue lorsque j'en vois un autre beaucoup plus gros. Alors c'est pas que je suis pas trop rassurée, mais un peu quand même parce que je suis toute seule dans l'eau et assez loin du rivage. On va se rapprocher alors…
Finalement, je sors de l'eau alors que les autres touristes décident d'y aller, je les préviens qu'il y a des requins.

La barrière de corail "lunaire"

Les vagues
Nous discutons également avec le gars qui est tout seul et qui a un appareil photo de professionnel. Flo lui demande s'il est photographe, mais en fait non, il s'est pris des vacances pour visiter les petites îles du monde et en faire ensuite un bouquin. Zut, j'ai oublié son nom, donc s'il sort son livre, faudra guetter ça ! On l'avait vu prendre des notes la veille à la pension.
Finalement notre repas est prêt, il s'agit de poisson frit (au butagaz), avec une salade de pâtes, du maïs et des petits pois. Nous nous installons tous autour d'une table sous un auvent en feuilles de palmier et voyons que Belle ne mange pas avec nous. Nous lui proposons, mais elle préfère aller manger au bord de l'eau avec les poissons… Bon… Ok…
Nous attendons le dessert, mais « A midi, y'a pas de dessert ». Bon… Ok…
Alors du coup, on s'occupe comme on peut en faisant une course de Bernard L'ermite sur la table. Hey, ça file ces petites bêtes !

Seuls au monde
Puis nous patientons jusqu'à 14h et Flo en profite pour ouvrir son moulin à paroles ! Je pense qu'elle doit connaître toute la vie des gens qui étaient avec nous, en particulier le couple un peu BCBG, dont le mari s'avère être un bon pince sans rire.
Nous reprenons ensuite notre bateau pour retourner à la pension. C'était sympa cette journée, mais on devait faire de la pêche et on ne l'a pas fait. C'est le service minimum ici je vous dis ! Nous mettons seulement vingt minutes pour le retour car le vent est favorable.
Une fois à la pension, comme je n'ai pas envie de me baigner à nouveau, je vais prendre une douche (toujours froide) pendant que Flo fait des mots croisés. A 16h, Belle repart avec le couple BCBG jusqu'au village pour aller chercher la fille d'Edmond à la sortie de l'école. Tous les matins et tous les soirs, elle va l'amener, il y a quand même trente minutes en bateau, c'est pas évident. Mais elle n'habite pas suffisamment loin pour être pensionnaire. Et quand la météo n'est pas bonne, elle ne va pas à l'école.
Nous assistons au coucher du soleil, n'empêche qu'est-ce qu'ils sont beaux là-bas ! Dommage qu'il n'y ait pas de Tequila Sunrise à chaque fois ! Enfin, une bonne chose, comme ils sont partis au village on aura droit à de l'eau en bouteille, c'est déjà ça.
C'est pas qu'on s'ennuie, mais c'est vrai qu'il n'y a pas grand chose à faire ici, c'est un peu sinistre…
Nous retournons dans la chambre puisqu'il fait nuit, et là nous entendons un téléphone sonner… Serait-ce un rêve ? Non. En fait, juste derrière le mur, il y a une cabine ! Flo se dévoue pour aller décrocher, et c'est un appel pour Edmond, donc elle va le chercher. Hyper pratique ça d'avoir le téléphone à l'extérieur de la maison !!
Vers 19h30, c'est l'heure du repas. Nous apprenons qu'en fait Belle a donné la liste des courses au gars BCBG et que c'est lui qui a dû les faire ! Enfin on a de l'eau. Au menu, gigot et frites (tiens tiens, c'était bien ça les « congelés » ? !). Mais le soir on a droit à un dessert, c'est crème au chocolat avec pêches au sirop.
Pour en revenir à l'eau, le premier soir, nous avions donc eu droit à l'eau de pluie… Mais les propriétaires, eux, ils pouvaient se servir à une fontaine à eau dans la pièce à côté de la salle à manger, et bien, on n'y a pas eu droit ! Bon, si ça se trouve c'était de l'eau de pluie qu'il y avait dans la fontaine… Mais j'ai un fort doute là-dessus quand même.
Enfin, c'est pas tout ça, mais après avoir un peu discuté et demandé avec insistance si le lendemain nous pourrons aller visiter la ferme perlière (c'est oui, du bout des lèvres), nous retournons à notre chambre pour un peu de lecture avant l'extinction du groupe électrogène…
07 mars 2005
Jour 20 : Manihi => Tahiti
Mardi 31 Août
Manihi => Tahiti
Réveil à 6h, j'ai hyper bien dormi, comme quoi, le calme, ça sert à quelque chose ! Et puis ici, il n'y a pas de coq. Nous nous levons vers 7h15, Flo prend sa douche et moi je m'habille puis nous allons petit déjeuner. C'est la routine quoi !
Nous attendons ensuite la navette pour aller visiter la ferme perlière. A 9h15, nous embarquons toujours à bord de notre bateau à moteur qui est conduit par un certain Christian (nous ne savons pas vraiment d'où il sort !), Belle doit rester là pour s'occuper de la pension (enfin, les lits elle les fait pas, elle fait juste la bouffe).
La ferme est juste à côté du motu, en fait, on peut y aller à pied, sauf qu'il faut traverser une petite passe, donc en fonction de la hauteur de l'eau, ce n'est pas forcément possible.
Là, nous allons dans un local sur pilotis où ont lieu l'ouverture des huîtres ainsi que la greffe. Mais il n'y a pas de guide donc pas vraiment d'explications. Ce n'est pas bien grave, puisqu'on a déjà vu tout ça. D'ailleurs c'est nous qui expliquons aux autres comment ça se passe ! La tâche des employés est assez répétitive quand même, c'est du travail à la chaîne. C'est alors que Flo marche sur quelque chose, elle regarde et il s'agit, non pas d'une perle, mais d'un keshi. Les keshis sont de toutes petites perles qui ne sont pas rondes, et qui ont été fabriquées par l'huître alors qu'elle avait expulsé le nucleus. C'est uniquement de la nacre et c'est creux, donc ça a moins de valeur marchande. On peut s'en servir pour faire de très jolis bracelets ou bien des pendants de boucles d'oreilles. Mais celui que Flo a trouvé est vraiment très petit. Elle le ramasse discrètement et voyant qu'on ne lui dit rien, elle le met dans sa poche !

Greffeur
Puis, nous passons à l'examen des perles qui sont en vente. Moi ça y est, je suis pourvue, mais Flo « tombe » sur une paire de perles de la même taille et de la même couleur et décide de les acheter pour en faire des boucles d'oreilles. Elles sont vraiment belles et pas très chères pour une catégorie B, 8000 XPF (environ 70 €). Il faudra juste les monter, on fera ça à Papeete. Nos collègues touristes font aussi des achats. Personnellement j'ai trouvé qu'ils avaient de jolies choses, mais pas en très grande quantité, la ferme de Rangiroa était mieux pourvue, mais sans doute un peu plus chère.
Vers 11h30, nous reprenons notre bateau et retournons à la pension.
Nous refaisons rapidement nos valises (pas de chance, Flo casse une attache à l'intérieur de la sienne, la séparation entre les deux compartiments ne tient plus. Je lui ai dit qu'elle y mettait trop de choses !) et allons déjeuner vers 12h à l'appel de la sonnerie (manque plus que le clairon !). Au menu, lapin et riz, et « pas de dessert à midi »… Personne n'est très satisfait du service un peu léger quand même pour le prix que nous avons payé…
Nous retournons au bungalow finir d'empaqueter et attendons 14h pour le départ vers l'aéroport. Faut amener les valises jusqu'au ponton pour les mettre dans le bateau, ça ne roule toujours pas sur le sable !
Nous embarquons et mettons les cirés afin d'éviter d'être éclaboussés et d'arriver dans l'avion trempés. Même si nous ne sommes que cinq à prendre l'avion : le couple BCBG et le gars tout seul qui vont sur Tahiti puis ensuite aux Australes voir les baleines, et nous, les quatre personnes de « Passager du vent » viennent aussi car ils veulent s'arrêter au village en rentrant pour faire quelques courses pour le bateau. Et oui, le départ c'est pour le lendemain ! Le monsieur du Da Vinci Code et la femme du capitaine Hadock vont prendre l'avion pour une autre île (Ahe) et attendront les deux matelots tranquillement.
C'est Christian qui pilote, Belle est avec nous. Nous partons et passons devant quelques fermes perlières et devant ce qui semble être une pension. Là, Belle se penche vers nous en nous la montrant :
« Là, c'est la pension de l'ex femme d'Edmond et de ce connard de français ».
Euh… pardon ? Et oui, la femme est partie vivre avec un autre, et Belle n'a pas l'air de vraiment l'apprécier. Apparemment, la pension était mieux tenue lorsqu'ils étaient en couple, et Edmond nous a dit qu'il pensait vendre car il avait soixante dix ans et commençait à avoir des problèmes de santé, pour se faire soigner, ce n'était pas évident. Enfin, les histoires de famille, on s'en fout un peu…
Nous enregistrons les bagages et avons une heure quinze à attendre. J'aperçois un crabe qui se promène dans l'aérogare ( ! ) et je vais voir un peu ce qu'il y a à vendre (comme d'habitude, paréos et colliers de coquillages), mais je n'achète rien.
Nos valises sont ensuite embarquées à bord d'un tracteur, pendant que nous prenons le truck pour aller jusqu'à la cahute attendre l'avion. Il y a déjà d'autres personnes qui sont venues directement de l'hôtel de luxe.

Le truck

Atoll
Nous arrivons sur Tahiti avec un peu d'avance, il commence à faire nuit.
« Oh ! Des lampadaires ! Oh ! Des voitures ! Oh ! La civilisation ! ».
Nous débarquons et allons attendre les bagages dans une salle où il y a déjà beaucoup de monde (d'autres avions arrivent en même temps), dont le mari de Mareva avec des rames, apparemment il vient pour un championnat de pirogue. L'attente est un peu longue, puis les bagages récupérés, nous partons à la recherche d'un taxi en suivant les panneaux… Sauf que c'est exactement dans l'autre sens qu'il faut aller… Bref… Nous prenons le taxi et remarquons que notre couple BCBG est juste dans celui qui est devant nous. C'est reparti pour l'hôtel Mandarin. C'est vraiment trop bizarre de revoir autant de monde, une route à quatre voies etc… Quand je pense qu'en arrivant de Paris on trouvait ça petit, là on trouve tout grand !
Nous arrivons à l'hôtel pour découvrir que le couple va loger là aussi. Si on avait su on n'aurait pris qu'un taxi.
Nous prenons possession de la chambre et là c'est douche chaude intégrale !! Ahhhh que ça fait du bien quand même ! Et le sèche cheveux aussi, je vais plus avoir les cheveux qui collent tout le temps ! Franchement j'apprécie et je me rends compte que je suis pas trop faite pour le « baroudage »… M'enfin. En y repensant, Manihi était peut-être « l'île de trop ». D'un autre côté, c'était aussi une sacrée expérience « authentique ».
Mais revenons à nos moutons, nous avons rendez-vous avec Valérie, une copine de Flo qui a fait ses études avec elle. Rappelez-vous elle lui avait téléphoné le jour de notre arrivée et elles ne se sont pas vues depuis dix ans. Elle doit venir nous chercher vers 19h30 en bas de l'hôtel.
Nous descendons donc et l'attendons, elle arrive un peu en retard, et Flo a du mal à la reconnaître car apparemment elle a maigri. Moi je la connais pas alors je la reconnais pas non plus !
Nous montons dans sa 106 et elle nous amène chez elle pour le dîner. Elle n'habite pas dans le quartier des occidentaux, mais dans celui des autochtones, une très jolie maison en bois entourée d'un jardin. J'aime beaucoup sa déco. De plus j'apprends qu'elle peint et ses tableaux ne sont pas mal du tout. C'est un peu une artiste dans l'âme en fait.
Elle a aussi bien baroudé, elle a vécu un an dans une grotte en Inde, elle a fait je ne sais combien de voyages sac au dos etc… Et elle vit à Tahiti depuis environ quatre ans avec sa fille de trois ans.
Chez elle, nous faisons la connaissance de Magali qui a été sa remplaçante pendant un mois. Valérie lui a laissé son cabinet d'orthoptie ainsi que sa maison pendant qu'elle rentrait en France pour les vacances. Nous faisons également la connaissance de « Teuch » (on ne rit pas !), son colocataire. Alors « Teuch », dont on ne saura jamais le vrai nom, est musicien. Il est très sympa mais déjà un peu stone... De plus Valérie nous ouvre une bouteille de vin blanc, ça va pas arranger l'affaire ! Il me raconte un peu sa vie, et comme le vin me monte aussi à la tête, je me rappelle plus trop de quoi on a parlé. Je me souviens d'un truc, apparemment, Valérie et lui ont participé à une croisière aux Marquises, et ils y faisaient un spectacle en étant logés et nourris.
Le repas arrive et j'en crois pas mes yeux… du foie gras et du saumon fumé avec une bonne salade avec des noix ! Ahhh ça change quand même de Manihi ! C'est pas qu'on en rêvait un peu du foie gras là-bas, mais presque ! Vraiment j'apprécie à fond. Sur ce, « Teuch » disparaît et nous ne le reverrons plus de la soirée. Nous discutons pas mal et finalement vers minuit nous décidons quand même de rentrer parce que ça commence à faire tard ! Et demain, une autre journée nous attend, faut pas se laisser aller (plus que deux jours…).
Dodo dans un bon lit dans une vraie chambre.







