18 février 2005
Jour 4 : Moorea => Huahine
Dimanche 15 Août
Moorea => Huahine
Réveil vers 7h pour un petit déjeuner vers 8h15. Une heure et quart pour se préparer allez-vous dire ! Et bien oui, parce qu'après la douche, il faut d'abord s'enduire de crème solaire et ensuite de lotion contre les moustiques, puis attacher les cheveux et ça prend du temps !!
Pas de « chose rosée » en vue flottant sur l'eau devant le restaurant cette fois. Tout est calme, tout est beau, même si le temps est un peu gris.
Nous libérons la chambre vers 10h et attendons la navette qui doit nous conduire à l'aéroport à 10h30. Celle-ci arrive avec dix minutes de retard, il y a déjà deux personnes à son bord. Nous nous arrêtons sur la route au Beachcomber et au Sheraton pour prendre à chaque fois deux personnes de plus et arrivons à l'aéroport vers 11h30. L'enregistrement est très rapide (toujours une petite angoisse pour le poids, mais toujours aucune remarque…) et nous attendons. Nous en profitons pour aller dans la boutique (les perles sont moins belles et plus chères !) ainsi qu'aux toilettes, les lavabos étant entourés de fleurs d'hibiscus, c'est original !
L'avion n'arrive toujours pas… Il a finalement quarante cinq minutes de retard. C'est un ATR 72, donc beaucoup plus gros que celui pour venir sur Moorea, certains passagers descendent, mais pas tous. Nous montons et nous mettons chacune à un hublot pour pouvoir filmer et prendre des photos. L'avion continue ensuite sur Bora Bora.
Après vingt cinq minutes de vol, nous atterrissons à Huahine. L'arrivée est très belle, avec le lagon et les montagnes, ainsi que les grandes baies qui composent l'île. A l'aéroport, nous récupérons nos bagages sur une sorte de comptoir (ici il n'y a pas de tapis ! et pas d'attente !) et tâchons de trouver la personne qui doit nous conduire à la pension, le transfert étant censé être réservé. Nous demandons et il faut aller voir « le gros ». Effectivement nous trouvons un homme bien portant dans une magnifique chemise bleue à fleurs blanches qui est bien la personne qui va nous conduire à la pension Mauarii. Celle-ci se trouve sur la petite partie de l'île « Huahine Iti », donc assez loin de l'aéroport ce qui nous permet pendant le trajet d'admirer le paysage. Ce qui frappe ici, c'est l'aspect sauvage de l'île, la végétation est très dense (genre jungle), la route de ceinture est étroite et le nombre de voitures croisées quasi inexistant. Et c'est très très vert (plus qu'à Moorea). Vers 14h45, nous arrivons à la pension. La navette nous dépose à l'entrée et il faut faire environ vingt mètres pour aller à la réception. Et bien, que ta valise roule, ça ne sert à rien… dans du sable !! A part creuser des ornières, il faut que tu la portes à bout de bras, ou alors si tu aimes les ornières… tu la traînes et tu emportes la moitié du sable avec (un souvenir ?).
Bref, nous voilà donc à la réception, qui est attenante au restaurant construit juste au bord de la plage, tout en bois, avec un toit en feuilles de palmier. Les tables et chaises sont aussi en bois « exotique », c'est vraiment très joli.

Le bungalow
Notre bungalow est bien réservé (ouf ! ça marche super bien internet finalement !), il s'appelle Honu = tortue en langue polynésienne. Pour y accéder, il faut passer par un petit chemin dont une toute petite partie est en sable… Et hop d'autres ornières ! Nous nous retrouvons dans un minuscule jardin dans lequel sont disposés plusieurs bungalows de différentes tailles, tous construits de manière traditionnelle. Nous prenons donc possession du nôtre, le lit sur la droite en entrant, entouré d'une moustiquaire, et sur la gauche, séparée par un rideau, la salle de bains dont le sol est fait de « petits cailloux de corail », avec des coquillages pour tenir le pommeau de la douche, c'est vraiment très original et couleur locale ! Le toit est très haut, fait de feuilles de palmier également, et là aussi ce n'est pas fermé entre les murs et le toit, juste une moustiquaire. Après quelques « ohhh c'est beau et ahhh ! c'est trop mimi » il serait quand même temps de manger quelque chose parce qu'il est 15h30 et on n'a rien dans le ventre (heureusement que le petit déjeuner au Tipaniers était bien copieux !). Comme évidemment à cette heure-là le restaurant est fermé, nous demandons si nous pouvons avoir un sandwich… « Pas de problèmes » ! Un bon sandwich avec du fromage en sachet et des tomates pas mûres (la spécialité là-bas !), mmm ! Mais bon, ça nourrit, on se rattrapera ce soir ! Et puis la vue est quand même belle, la pension se trouve dans une grande crique, le contraste entre le vert de la végétation et le bleu de l'eau est saisissant.
Nous retournons au bungalow qui se ferme avec un cadenas qu'il faut glisser en haut de la porte coulissante (pas pratique quand on mesure 1m63 !) et nous nous installons. Là il fait une grosse averse, la première et finalement la seule du voyage ! Ca tombe bien on est à l'abri. Il est environ 17h lorsque le soleil réapparaît, et nous décidons d'aller marcher aux alentours pour découvrir un peu mieux le site. Nous marchons sur la plage (qui n'est pas très large) au bord de l'eau et partons en direction de la pension voisine, le relais Manaha (à un kilomètre à pied à peu près). Là nous avons droit à un superbe arc en ciel, avec les cocotiers, c'est beau !

Arc en ciel et cocotier
Nous repartons vers Mauarii par la route cette fois, passons devant deux maisons. A propos des maisons justement, il ne faut pas s'attendre aux constructions « en dur » qu'on peut trouver sous nos latitudes. Là-bas, c'est souvent du bois, ça fait même un peu préfabriqué, toutes les fenêtres et souvent les portes sont ouvertes, et tout est décoré avec du tissu à fleurs. Certaines sont parfois un peu délabrées, alors que d'autres, toujours dans le même style font plus entretenues.
La végétation est très dense, mais les bords de route sont très propres et très dégagés.
De retour à la pension, comme il nous reste un peu de temps avant le dîner, j'en profite pour faire un petit tour sur le net (il y a un accès… mais pas l'ADSL, faut pas rêver !) et envoyer un mail. Puis c'est lecture et cartes postales, le tout sous le auvent à l'entrée de notre bungalow, les serpentins contre les moustiques brûlant à plein régime ! On pourra les laisser toute la nuit puisque ce n'est pas fermé. Et puis finalement on s'habitue à l'odeur qui n'est pas forcément désagréable…

Langouste...
Après ce repas pantagruélique, retour au bungalow dans la semi obscurité, parce que ma lampe de poche, elle est faiblarde, pour dodo vers 21h, en essayant de ne pas faire brûler les serpentins trop près de la moustiquaire, ça ferait désordre si ça prenait feu !
21 février 2005
Jour 5 : Huahine
Lundi 16 Août
Huahine
Réveil vers 7h après une bonne nuit (même pas entendu les coqs et même pas pris feu !). Nous nous rendons au restaurant pour le petit déjeuner qui est moins copieux qu'aux Tipaniers. Il n'y a pas de viennoiseries !!
Puis nous retournons au bungalow pour « l'enduit » de crème et autres, et allons attendre la navette qui doit venir nous chercher pour l'excursion en pirogue sur le lagon. Le tout ayant été réservé par internet, j'avais demandé à Florence la veille d'appeler Huahine nautique pour bien confirmer que nous étions inscrites. Sauf qu'au moment où elle a appelé, il tombait des cordes, et la communication n'était pas très bonne.
Bref, nous attendons, lorsque la fille de la réception nous demande ce que nous faisons. Nous lui disons donc que nous attendons la navette, elle a l'air surprise car elle n'était pas au courant. Nous lui disons que nous avons réservé par nous-mêmes et donc que c'est normal. Mais voyant que rien n'arrive, elle appelle à son tour et là en fait ils lui disent qu'ils se sont trompés de pension et qu'ils nous cherchaient dans une autre… Ok… Comme le départ de la pirogue est sur la grande île, Huahine Nui, au village principal de Fare, un gars va venir nous chercher pour nous amener jusqu'au pont entre les deux îles et la pirogue nous prendra en passant. Nous on n'avait rien demandé, mais tout s'arrange !
Sur ce, il est 9h30 lorsque arrive un 4X4, avec deux places à l'avant et des bancs à l'arrière, en plein air, sur lesquels nous nous asseyons. Après environ quinze minutes de route, nous arrivons au pont, et empruntons un petit chemin au bord de l'eau et nous nous arrêtons. Pas de pirogue en vue, nous en profitons pour discuter avec Claude notre chauffeur, qui est un savoyard ! Il nous raconte un peu comment se passent les successions ici, les enfants se partageant les terres, il y a désormais une multitude de propriétaires, ce qui fait que lorsque des chaînes hôtelières veulent acquérir des terrains, c'est toujours très compliqué. Il compare d'ailleurs un peu la situation avec les petits villages de montagne où les trois familles ne peuvent pas se voir, ce qui entraîne toujours des conflits lorsqu'il y a des décisions à prendre. D'un autre côté, cette situation permet de garder le côté sauvage de l'île car à cause de ça, il y a ici très peu d'hôtels…
Flo qui a une question existentielle en profite donc : « Y a-t-il des cimetières ici ? On n'en a pas vu ! ». En fait, non il n'y en a pas, les gens sont enterrés dans les jardins ou sur les terres familiales, il y a parfois juste une petite construction au-dessus de la tombe et c'est tout. Certaines sont même parfois carrément au bord de la route !
Sur ce, la pirogue arrive, piloté par un beau tahitien avec une couronne de feuilles sur la tête et un paréo. Elle est pratiquement complète sauf deux places à l'arrière que nous allons occuper… Le problème, c'est pour monter dedans, il faut marcher un peu sur le corail au bord, mieux vaut garder ses chaussures… Zut, évidemment moi j'avais pas prévu de mettre mes petites pompes « méduses », les trucs en plastique très moches mais très utiles, donc tant pis pour les espadrilles !

Le parcours de la visite
Fare est le village principal, les deux autres sont Parea et Fitii, avec une population totale sur l'île de cinq mille huit cents habitants. Armand est bien entendu originaire de l'île, il y est né, y a grandi et y vit toujours sans être jamais allé ailleurs…
Les couleurs de l'eau dans la baie sont d'un vert profond (ça change du bleu !), il n'y a pas de sable et la végétation est tellement luxuriante qu'elle arrive jusque dans l'eau à certains endroits.
Nous arrivons alors à la ferme perlière, dans la baie de Faie. Quand on parle de ferme, il s'agit en fait d'une petite construction sur pilotis au milieu du lagon. Nous y accostons et pendant que nous allons en faire la « visite », Armand repart avec sa pirogue pour aller chercher la nourriture pour le déjeuner.

La ferme perlière
Flo et moi « craquons » pour une poterie en forme de bénitier (le coquillage), nous examinons également le prix des perles, mais comme nous savons que notre visite n'est pas terminée, nous n'achetons rien. De plus on pourra y revenir le lendemain, il existe une navette en bateau de l'île jusqu'à la ferme.
Armand revient nous chercher une heure plus tard et nous repartons pour notre tour. L’eau devient de plus en plus claire et de plus en plus bleue. Et là au milieu du lagon, il arrête la pirogue et nous annonce que c’est ici que nous allons faire le snorkeling (plongée avec masque et tuba). Ah bon, ok alors… Il doit y avoir entre deux et trois mètres de fond, l’eau est très claire.
Nous nous équipons et Armand nous montre une sorte de piquet qui dépasse de l'eau, et nous dit que nous n'avons qu'à nous laisser dériver jusque là-bas et qu'il nous récupèrera avec la pirogue… Et si nous avons un problème il suffit de lui faire signe, il viendra… Ok… Allez hop, je plonge et l'eau n'est pas super chaude ! Enfin, elle doit faire 25°C, mais moi je préfère 28 ! Je commence à nager et effectivement il y a du courant, donc pas la peine de nager, il suffit de flotter et le courant te porte naturellement ! C'est cool ! J'attends Flo qui finit par se mettre à l'eau… et c'est parti. Il y a quelques morceaux de corail avec quelques poissons mais ce n'est pas la multitude qu'on a pu voir aux Maldives (j'ai dit qu'il fallait arrêter de comparer !). En revanche, l'eau est d'une limpidité incroyable. Je relève la tête et je vois Flo qui remonte vers la pirogue en me faisant comprendre qu'elle a froid ! Je lui souhaite intérieurement bon courage pour nager à contre courant, et malgré ses signes, Armand ne voit rien (il doit faire la sieste !). Finalement elle y arrive et remonte à bord. Je continue… prends quelques photos, mais comme il y a pas mal de fond j'ai bien peur que ça ne donne rien, les poissons sont un peu trop loin. Une fois arrivée vers le piquet, Armand met la pirogue en route et vient vers nous pour nous récupérer. C'est vrai qu'il ne fait pas super chaud, mais bon… Nous remontons à bord grâce à la petite échelle prévue à cet effet et repartons pour un petit îlot = un motu (prononcer « motou ») pour le déjeuner.
Le motu est « posé » sur le lagon, envahi de cocotiers. Nous débarquons, pendant qu'Armand, aidé par un ami et sa fille descendent la nourriture. Puis il va nous montrer comment on fait le poisson cru. C'est très simple : prendre le poisson coupé en petits carrés, y ajouter du jus de citron et du lait de coco, mélanger le tout et… c'est prêt ! Pour faire la vaisselle on passe le plat dans l'eau de mer et hop ! C'est prêt aussi !!
Nous nous installons autour des tables disposées sur le bord, les pieds dans l'eau et dégustons le poisson accompagné d'une salade de riz. C'est très simple mais très bon ! Pour ceux qui n'aiment pas le poisson, il y a du poulet.
Après le repas, nous faisons un petit tour pour voir un peu à quoi ressemble l'endroit, cherchons quelques coquillages, mais il n'y en a pas beaucoup, ou alors…. « y'a quelqu'un dedans ! »
Vers 14h, nous repartons pour la suite de notre périple. Nous traversons des eaux d'un bleu turquoise, dans lesquelles nous apercevons des raies, puis nous continuons le tour de l'île et passons devant notre pension. Armand nous dit que nous avons de la chance d'être là, en plus d'être très typique, la cuisine y est très bonne (oui, on avait remarqué !).
Puis nous apercevons un hôtel détruit. A l'origine, il s'agissait de l'ancienne résidence de Julio Iglesias, qui avait vendu le domaine à un riche américain qui en avait fait un hôtel tout en bois, avec des chambres dans les arbres, bref, une sorte de paradis. Le problème, c'est qu'il y a eu un cyclone en 1998… et tout a été détruit sauf les quelques bâtiments en béton comme la cuisine. C'est vraiment dommage car il se trouve dans une crique isolée, entourée de cocotiers, au bord du lagon dans un site magnifique. Ce paysage de désolation a servi aussi de décor au film « Le prince du pacifique » en 2000, mais depuis tout est à l'abandon.
Nous passons ensuite devant l'hôtel de luxe Te Tiare (tous les italiens y sont…) ainsi que devant l'une des résidences de Gaston Flosse, et arrivons dans la baie de Fare pour assister au shark feeding (le repas des requins pour les « non bilingues »).
Nous nous dirigeons vers une barge située dans le lagon, très éloignée du bord et près de la barrière de corail. Nous accostons et nous mettons tous sur la barge en attendant le gars qui doit venir donner à manger aux requins. Là nous voyons arriver à toute vitesse un jet ski conduit par Marc (le propriétaire de Huahine nautique) et le fameux Claude avec lui. Il est un peu « vert » d'ailleurs en descendant du scooter, il n'aime pas quand Marc pilote, il est fou ! Bref, il a une combinaison de plongée, un seau avec des poissons dedans. Il met son masque et un gant en « fer » sur une main et se jette à l'eau. Nous, nous sommes sur la barge et comme il ne fait vraiment pas très chaud, personnellement, je décide de ne pas aller dans l'eau, je regarderai d'en haut ! La moitié du groupe y va, et se tient derrière une corde qui a été installée à cet effet.

Shark feeding
Nous reprenons notre pirogue (avec Claude qui préfère nettement ça au jet ski ! Comme quoi on peut ne pas avoir peur des requins et avoir peur d'un homme sur un jet !) et arrivons à Huahine nautique. Nous ne sommes que quatre à descendre, car les italiens vont être ramenés en pirogue à leur hôtel de luxe… (pourquoi on n'est pas riche ?!).
Nous allons au bureau pour payer, mais ils ne prennent pas la carte bleue. Ah, alors est-ce qu'on pourrait aller au distributeur pour retirer de l'argent ? « Pas de problème », nous reprenons notre 4X4 du matin, toujours conduit par Claude et il nous amène à Fare à la banque. Comme nous avions réservé par internet, nous avons droit à 5% de remise, mais le problème, c'est que Claude n'a pas de monnaie. Nous décidons de repartir directement à la pension pour voir si là-bas ils en auront. Pas de bol, ça ne marche pas non plus. Nous laissons donc ce que nous avons à Claude et lui disons que nous passerons le lendemain pour récupérer notre monnaie. « Pas de problèmes ! ».
Une fois dans le bungalow, c'est douche intégrale avant le repas et mise en marche des serpentins anti-moustiques.
Au restaurant, Flo est encore un peu HS (le coup de barre), et moi je suis fatiguée aussi (la natation !). Nous optons pour du saumon au lait de coco vanille. Le service ne s'est pas accéléré, mais nous avons droit ce soir à un orchestre qui joue de la musique polynésienne.
Vers 20h30 nous sommes de retour au bungalow, un peu de lecture, et dodo. Sauf que la musique… on l'entend bien ! Et ce soir là on n'a pas compris s'ils avaient fait la vaisselle de toute la semaine, mais il y a eu des bruits d'assiettes et de couverts jusqu'à 23h (Flo a même paraît-il compté le nombre de petites cuillères !! Moi c'était vaguement dans mes rêves). Nous avons eu droit également au coq de nuit et à une petite averse dans la matinée… Nuit un peu agitée donc !
Jour 6 : Huahine
Mardi 17 Août
Huahine
Lever vers 7h pour aller prendre notre petit déjeuner tranquillement jusque vers 8h15. Puis à 8h30, nous nous postons comme la veille au bord de la route devant la pension pour attendre Europcar. Une dame arrive à bord d'une voiture et c'est effectivement elle, elle nous transporte au Relais Manaha à côté où se trouve le petit bureau de location de voiture. C'est cette même voiture que nous allons prendre, une Fiat Uno bleue, sans clim. Ca ne devrait pas être trop gênant, il fait gris et pas 30°C !
Nous signons les papiers et c'est parti, la voiture n'étant pas automatique. D'ailleurs, je la trouve un peu bizarre lorsque je démarre, mais ensuite en passant les vitesses, ça roule ! Nous débutons notre tour de l'île en sens inverse des aiguilles d'une montre. Nous ne rencontrons personne (on compte les voitures !) et comme nous l'avions déjà remarqué, c'est très sauvage. La pluie se met à tomber mais cesse rapidement, et le soleil réapparaît.
Nous traversons le village de Parae, quelque peu désert, puis longeons la baie de Maroe dans laquelle se trouve désormais un paquebot (le Tahiti Princess… non, pas celui de « La Croisière s'amuse »… quoique ça y ressemble !), et passons devant le quai où débarquent les passagers grâce à une navette. En effet le paquebot mouille au milieu de la baie là où les eaux sont suffisamment profondes. Tout cela forme un petit attroupement, enfin la civilisation !!

La baie Maroe
Nous traversons le petit pont séparant Huahine Iti (la petite) de Huahine Nui (la grande) et partons vers le Belvédère. Là, nous avons droit à une montée à 15%, j'ai cru que la voiture n'allait pas y arriver ! Nous nous garons sur le minuscule parking, sur lequel il y a un vendeur de paréos et souvenirs (qu'est-ce qu'il est venu faire ici ??!!) et allons admirer la vue, surtout sur Huahine Iti et la baie. Après cette petite pause photos, nous repartons, toujours en montée, croisons un engin de fauchage et quelques « working men », puis redescendons pour arriver au village de Faie célèbre pour son ruisseau avec les anguilles sacrées aux yeux bleus… Nous arrivons dans le village, et apercevons un panneau à côté d'un pont. Moi je m'attendais à voir une grosse rivière, il s'agit presque d'un ru ! Nous garons la voiture au bord de la route et allons voir ça de plus près. Il n'y a vraiment pas beaucoup d'eau, j'ai du mal à croire que quelque animal puisse vivre là. Et bien oui ! Deux énormes anguilles (à mon avis elles devaient faire entre un mètre cinquante et deux mètres !) nagent là dedans, elles sont noires et ont vraiment les yeux bleus. Deux gamines sont dans l'eau avec elles et les caressent, pas farouches. Impressionnant et… original ! Nous repartons vers la voiture devant laquelle vient de se garer un bus rempli d'américains… ceux du paquebot ! Ils ont chacun leur petit nom sur leur tee-shirt, de vrais moutons.
Nous on s'casse… vers la ferme perlière. Nous arrivons à l'embarcadère d'où nous devons prendre la petite pirogue à moteur pour aller à la ferme. Nous attendons un petit quart d'heure, un couple et une vieille dame arrivent, puis nous partons, il tombe quelques gouttes. Après cinq minutes de « traversée » nous revoici donc à écouter à nouveau l'explication du pourquoi du comment de la fabrication des perles et refaisons un tour dans la boutique, bien décidées cette fois à dépenser nos sous. Nous achetons chacune une poterie (le fameux bénitier bleu), prenons quelques photos (l'eau est vert translucide) puis retour en pirogue sur l'île.

Marae Manunu
Puis nous continuons sur une route qui devient rapidement un chemin de terre et de sable plutôt cabossé. Et là, la voiture en première avance toute seule en accélérant et ralentissant à sa guise ! Je savais bien qu'elle était bizarre ! Mais juste en première ! Après ce petit rodéo routier (il faut aussi éviter les trous), nous passons devant l'aéroport avant de rejoindre la route goudronnée. Nous prenons la direction du village de Faie où nous décidons de nous arrêter pour regarder les boutiques et manger. Petit passage au distributeur pour… ne pas pouvoir retirer de l'argent. Tiens c'est bizarre… Nous avions pourtant pris nos précautions en France afin de pouvoir retirer autant que nous voulions… Sans doute le distributeur !
Nous faisons un tour dans les magasins, dont un vendant de superbes paréos. Flo se laisse tenter. Puis nous cherchons un restaurant et notre choix se porte sur le « Te Marava », au bord d'une toute petite plage de sable blanc avec une superbe vue sur la baie. On aperçoit d'ailleurs la barge où nous étions la veille pour le repas des requins. La serveuse n'a pas l'air très douée, elle court partout, revient, repart, sans prendre une seule commande ou apporter des plats. Bref, nous avons finalement la carte, Flo prend du thon grillé, alors que j'opte pour un « filet mignon », ça changera un peu du poisson ! En fait de filet mignon, il s'agit d'un steak, avec des frites, c'est bon, on sent que ce n'est pas du surgelé. Juste un petit problème, ce sont les mouches qui envahissent un peu les tables, malgré les bougies pour les faire fuir. Puis Flo prend un dessert (glaces) et nous demandons l'addition. Un quart d'heure après ne voyant rien venir, nous redemandons, mais toujours rien. C'est pas qu'on est pressé mais au bout d'une demie heure à attendre, nous allons au bar et là nous demandons à nouveau. La dame qui tient la caisse daigne nous la faire après environ dix minutes de savants calculs. Nous payons et nous rendons compte qu'elle n'a pas compté le coca ! Tout ça pour ça…
Comme nous sommes « en ville », nous en profitons pour chercher une pompe à essence pour le plein de la voiture, ce sera fait. Ah, ben c'est dommage, mais il y a une grève des personnels dans les sociétés de carburant… et il n'y a plus d'essence à la pompe ! Nous en trouvons une autre, mais c'est à sec aussi, l'île n'est plus approvisionnée… Bon, c'est pas grave, ne nous laissons pas abattre, on doit encore pouvoir faire cinq cents kilomètres, et comme le tour de l'île en fait quatre vingts, on devrait pouvoir regagner la pension sans problème. Le seul problème, justement, c'est que nous sommes censées rendre la voiture avec le plein, on verra bien, on paiera peut-être un supplément.
Nous reprenons alors notre route et faisons un arrêt à la « halle artisanale », où il y a des femmes vendant des colliers de coquillages. Nous n'achetons rien. Pas très avenantes d'ailleurs les vendeuses, difficile de leur décrocher un sourire. Puis nous nous arrêtons à Huahine nautique afin de récupérer la monnaie de la veille. Tout est ouvert, mais il n'y a personne en vue. Décidément, c'est la journée !! C'est pas grave, on repassera !

Ananas
Nous décidons de monter jusqu'au « Panoramic », l'un des points hauts du site afin d'avoir une vue d'ensemble de l'île. Nous empruntons donc le petit chemin, ça monte pas mal, mais la pluie arrive. Allez, on va s'abriter sous un arbre en attendant que ça passe alors ! Dix minutes plus tard, la pluie a cessé, mais l'arbre n'était pas un si bon abri que ça, on est un peu trempées… C'est pas grave, ça va sécher. Nous reprenons notre chemin qui monte de plus en plus. Flo commence à agoniser sous l'effort. De plus avec la pluie, le sol est particulièrement glissant. « Top les tongs ! ». Finalement arrivées à mi-chemin, Flo décide de s'arrêter là, si je veux continuer, va falloir que je le fasse seule. J'arrive tant bien que mal à trouver un bâton afin de pouvoir m'y appuyer dessus pour continuer la montée qui devient de plus en plus pentue. Ce serait trop bête si je me foulais la cheville, mais d'un autre côté (non je ne suis pas têtue), je veux arriver en haut ! Plus que trois cents mètres, et là sur le côté il y a une corde qui sert pour se tenir et pouvoir ainsi s'aider à monter. Ca devient presque de l'escalade, et « Top les tongs ! ». Quand je pense que j'ai pris exprès mes tennis pour pouvoir marcher et que le seul jour où j'en ai besoin, je les ai pas… Bref, je vais y arriver ! Et effectivement après les derniers efforts, j'y suis ! Et ça porte bien son nom ! On a une vue magnifique sur les trois principales baies de l'île.

Vue du Panoramic
On reprend la voiture et c'est reparti vers Huahine nautique. Cette fois il y a trois personnes qui sont là, je récupère finalement mes 2000 XPF. J'en profite aussi pour demander s'il existe d'autres pompes à essence, mais il n'y en a que deux sur l'île. Bah, tant pis. Nous repartons vers la pension, garons la voiture sur un petit parking au bord de la route (la dame d'Europcar doit venir la récupérer le lendemain… nous laissons les clés à la réception) et direction le bungalow pour une bonne douche pour enlever toutes ces « couches » !! Il est 16h30. Après ça, c'est lecture et rangement en attendant le repas. Nous allons au restaurant vers 18h45, avons droit à un cocktail offert par la maison puisque c'est notre dernier soir. C'est au rhum, et c'est fort ! Le plat n'arrive qu'à 19h50 (faut vraiment pas être pressé !!), et au menu, poisson du lagon au lait de coco vanille. C'est bon malgré les arêtes. En dessert un gâteau bizarre bien bourratif. Ca cale. Retour au bungalow vers 20h30 pour un dodo bien mérité (ni musique ni bruit ce soir).







