Vendredi 27 Août

Rangiroa

Réveil à 7h, ça ne s'arrange toujours pas ! Remarque comme on se couche tôt… Il y a encore du vent, d'ailleurs c'est à se demander si cet atoll existe sans vent.

Nous allons prendre notre petit déjeuner tranquillement. Flo en a un peu marre de « bouger » comme ça tous les jours et a décidé de ne rien faire de la journée. Quand je pense que c'est elle qui veut ça et pas moi… Hum… Mais « c'est pas faux » comme dirait l'autre, à part au Méridien, on n'a pas arrêté et Flo sature un peu.

Pour ma part, je décide de louer un vélo pour aller « au village », ça ne devrait pas être trop dur, la route est plate. Mais il y a quand même douze kilomètres pour y aller, et douze pour revenir…

Plutôt que de louer le vélo à la pension, car ils n'ont pas l'air en très bon état, je me rends dans un petit curios à côté où j'en ai repéré un qui a l'air neuf. Et surtout il a une selle qui a l'air confortable. J'ai un mauvais souvenir d'une balade comme ça à Venice Beach le long de l'océan, où après deux heures de vélo, j'avais eu de mal à m'asseoir par la suite !

La location est de 500 XPF la demie journée soit environ 5 €. J'opte donc pour un beau vélo rouge avec un panier sur le guidon et sans frein, pour freiner, c'est le rétropédalage. Ca surprend la première fois !!

Bob rose sur la tête, et sac à dos avec appareil photo et la carte bleue de Florence en prime pour essayer de retirer de l'argent, c'est parti vers 8h10.

La route longe l'atoll du côté océan, c'est très agréable, il fait beau et le vent me pousse. A 9h, et après un ou deux arrêts photos, j'arrive à Avatoru. Je traverse tout le village afin de repérer un peu où se trouve la poste et la banque puis je reviens sur mes pas pour m'arrêter au distributeur… Est-ce qu'il va bien vouloir me donner un peu d'argent ? Oui, 20000 XPF chacune, ce sera ça en moins à retirer sur la carte pour Mareva.

En allant à la poste, je passe devant l'école maternelle et primaire (ça piaille bien là-dedans !), et devant la mairie. Je m'arrête faire une ou deux boutiques sans rien acheter et je reprends tranquillement ma route vers la pension.

Barrière côté océan

Je repasse devant le collège de Rangiroa que je prends en photo (c'est vraiment dingue de voir un collège sur ce morceau de terre !) et cette fois, je sors vraiment du village. Et là le vent est bien contre, mais ça va, j'arrive quand même à avancer ! Mais c'est plus dur physiquement. Du coup, je décide de m'arrêter pour me reposer un peu et j'en profite pour faire un tour sur la barrière côté océan où il y a une sorte de plage faite de morceaux de coraux très gros et très blancs. J'en trouve qui sont encore en bon état et je les mets dans mon petit panier à vélo (c'est utile !). Je repars et en arrivant près de la passe de Tiputa, là il n'y a plus aucun abri et le vent est très violent, j'avance à deux à l'heure ! Heureusement, la pension est tout près.

Je rends mon vélo vers 10h30, finalement j'aurai bien roulé et fait du sport ce matin !

Passe de Tiputa

Je retourne au bungalow retrouver Flo qui fait ses comptes. Nous en profitons d'ailleurs pour remettre tout ça à plat, et constatons que le budget est quelque peu dépassé.

Vers 11h30, nous allons au petit snack d'en face pour déjeuner. Celui-ci est en fait une petite cabane sur pilotis, les poissons connaissent le lieu ! Moi je prends un steak frites (pour changer un peu du poulet et du poisson !) et Flo du poisson grillé… C'est très bon.

Nous retournons au bungalow pour attendre la navette qui doit nous conduire à la ferme perlière que nous avons décidé de visiter cet après-midi. Ono est dans les parages, et vient discuter avec nous, Flo essaie de le prendre en photo, mais il est très remuant !

Le minibus climatisé arrive vers 13h45, il est rempli d'italiens qui parlent fort (pléonasme). Cinq minutes après, nous arrivons, et on nous dirige d'abord vers la boutique. Puis une dame arrive pour nous faire la visite proprement dite. Nous voyons d'abord les gens qui sont chargés d'enlever les huîtres de leurs filets et de les entrouvrir pour les donner au greffeur, puis nous voyons celui-ci greffer avec cette technique très particulière et enfin, nous voyons d'autres personnes qui sont chargées de remettre les huîtres greffées dans d'autres filets avant de les remettre à l'eau. C'est un peu du travail à la chaîne… Alors « comment ça marche » ? Et comment en arrive-t-on à avoir une perle dans une huître ?

Huître

L'huître perlière s'appelle la Pinctada Margaritifera. A l'origine, la perle se formait "naturellement", mais le phénomène se produisait très rarement, c'est pourquoi on a décidé d'aider l'huître à produire la perle. Ce mollusque est présent dans le pacifique mais surtout dans les eaux chaudes et dont la température ne varie pas beaucoup sur l'année. La greffe a lieu sur des huîtres qui ont trois ans d'âge. Elles sont donc sorties de l'eau à ce moment-là, après avoir passé leur "première vie" dans l'eau dans des filets, huîtres qu'il faut entretenir pendant ce temps-là, à savoir brosser pour empêcher les algues et autres bestioles de s'agglutiner dessus.Une fois les huîtres sorties, elles sont entrouvertes à l'aide d'un écarteur afin que le greffeur puisse faire la greffe. Cette dernière consiste en l'introduction dans la poche perlière d'un nucleus (une petite boule de nacre de six millimètres environ provenant d'une moule du Mississippi) et d'un morceau de manteau d'une huître sacrifiée. Le manteau est la partie qui se trouve sur le bord de la coquille de l'huître et qui a une couleur noire, c'est ça qui donnera sa couleur à la perle. Pour savoir quel manteau choisir sur plusieurs huîtres sacrifiées, il suffit de voir l'intérieur de la coquille et les dégradés de couleurs, et si les dégradés sont jolis alors on prendra ce manteau. La technique pour faire la greffe est très minutieuse car il faut faire attention de ne pas blesser l'huître lorsqu'on introduit le nucleus. Le greffeur utilise des petits instruments chirurgicaux pour à la fois ouvrir la poche perlière et introduire le nucleus.

Greffeur

Une fois la greffe effectuée, chaque huître est placée dans une poche individuelle d'un filet et remise à l'eau. Pour savoir si la greffe a pris, c'est très simple, il suffira de vérifier dans la poche si le nucleus a été éjecté. Si ce n'est pas le cas, l'huître va alors produire de la nacre tout autour du nucleus et fabriquer une perle. Il faut savoir que sur un million d'huîtres greffées, seulement deux cent cinquante mille vont produire une perle et seulement 5% de ces perles seront rondes. Au bout de deux ans, la récolte peut être faite, il suffit  d'entrouvrir à nouveau l'huître et de récupérer la perle. On peut alors réintroduire un nouveau nucleus un peu plus gros afin que l'huître produise une nouvelle perle. Cette dernière sera plus grosse mais moins brillante. Voilà, j'espère que c'était clair ??!!

Après toutes ces explications techniques, nous retournons à la boutique pour voir un peu ce qu'il y a. J'aimerais bien acheter des perles pas trop chères (donc non montées), mais comme nous ne sommes pas sûres de savoir si nous pourrons justement les faire monter en pendentif, nous n'achetons rien.

Les perles sont classées en différentes catégories. Les catégories A n'ont aucune imperfection, les B entre une et deux etc… jusqu'à D. Elles peuvent être rondes, ovoïdes, en forme de poire, de goutte ou cerclées (la nacre forme comme des cercles autour de la perle et sa surface n'est donc pas lisse). Après il suffit de choisir en fonction de son goût, de la couleur et bien entendu du prix.

Nous remarquons un magnifique collier de perles toutes rondes de la même taille avec des couleurs différentes : rose, gris, bleu, vert, aubergine, il est magnifique et coûte 12000 €… Un des italiens essaie de marchander une énorme perle, mais ça ne marche pas.

Nous reprenons la navette et comme nous le supposions, les italiens sont tous logés au Kia Ora (ils ont du fric ces gens ! Et ils parlent toujours aussi fort !). Plutôt que de retourner à la pension, nous demandons à la navette de nous déposer dans la petite boutique qui vend des perles et qui fait cyber café juste à côté. Nous discutons avec la fille qui est très sympa pour savoir si elle fait les montages, combien ça coûte et combien ça prend de temps. Et là, comme on nous l'a souvent dit, il faut tomber sur la perle qu'on aime et si ça arrive, il faut acheter celle-là. Moi j'en vois une qui me plait vraiment beaucoup et qui est dans les prix que je comptais y mettre, donc je l'achète. Nous décidons également de retourner le lendemain matin à la ferme pour acheter les perles et les faire monter dans cette boutique.

L'océan

Nous regagnons la pension à pied et comme il reste un peu de temps avant le dîner, Flo me propose d'aller voir où en sont ses coquillages enterrés… Là ils devraient être morts, il faudrait essayer de faire sortir l'animal qui était dedans. Alors déjà l'odeur n'a pas changé. Nous allons au bord de l'eau pour essayer de faire sortir la chose et c'est DEGUEULASSE ! C'est vert tout gluant et l'odeur est insupportable, rien que d'y penser j'en ai mal au cœur ! D'ailleurs moi je réussis à moitié à nettoyer le mien, après je peux plus ! Et j'ai plus faim ! Je m'en souviendrai de ces fichus coquillages !!! Je sais pas comment Flo se débrouille, mais finalement elle arrive à tout nettoyer, et bon, c'est beau (mais c'était dégueulasse !).

Je tente de me remettre avant 18h30 (moi j'ai préféré le Maupiti Express aux coquillages !) et nous nous rendons dans la salle à manger. Nos profs sont partis et sont remplacés par un jeune couple, plutôt sympa. Sur ce, arrive un autre couple de personnes plus âgées (la cinquantaine) qui ne loge pas à la pension. Ils nous annoncent, non sans une certaine fierté et de façon très hautaine qu'ils sont en bateau, qu'ils vont faire un tour du monde pendant deux ans, et que ce sont les meilleurs (en gros). Oui, ok… Ils connaissent tout sur tout, et on en arrive à parler des perles justement. Comme on a eu le cours magistral dans l'après midi on sait un peu de quoi on parle, mais le mec ne veut rien entendre. Lui, il sait comment on fabrique les perles et où trouver les plus belles. J'ai vu le moment où Flo allait s'énerver !! Puis là le truc qui tue et qui te cloue… Le gars commence à dire qu'il trouve la Polynésie extraordinaire. Oui, bon, là rien de bien nouveau, moi je m'attends à ce qu'il dise que les lagons sont splendides ou un truc dans ce style, mais non, ce qu'il trouve extraordinaire c'est que sur chaque île, chaque atoll il y a un aéroport !! Et qu'en plus d'être extraordinaire, c'est inadmissible, qu'on ne devrait pas gaspiller l'argent de l'état pour construire des pistes. Euh, mon gars et les gens sans avion, ils font comment ? Ils passent un mois sur un bateau ??! Halluciné complet ! Allez on s'casse ! Le plus rigolo a quand même été l'air « outré » qu'ils ont pris quand ils ont vu qu'ils n'étaient pas dans un restaurant gastronomique et quand le mari de Mareva a essayé de plaisanter sur le prix de la bouteille de vin, ils ont rien compris !! M'enfin, faut de tout pour faire un monde hein ?

Sur ce, dodo vers 21h15.