La Polynésie

Le récit de mon voyage en Polynésie en août 2004

21 février 2005

Jour 5 : Huahine

Lundi 16 Août

Huahine

Réveil vers 7h après une bonne nuit (même pas entendu les coqs et même pas pris feu !). Nous nous rendons au restaurant pour le petit déjeuner qui est moins copieux qu'aux Tipaniers. Il n'y a pas de viennoiseries !!

Puis nous retournons au bungalow pour « l'enduit » de crème et autres, et allons attendre la navette qui doit venir nous chercher pour l'excursion en pirogue sur le lagon. Le tout ayant été réservé par internet, j'avais demandé à Florence la veille d'appeler Huahine nautique pour bien confirmer que nous étions inscrites. Sauf qu'au moment où elle a appelé, il tombait des cordes, et la communication n'était pas très bonne.

Bref, nous attendons, lorsque la fille de la réception nous demande ce que nous faisons. Nous lui disons donc que nous attendons la navette, elle a l'air surprise car elle n'était pas au courant. Nous lui disons que nous avons réservé par nous-mêmes et donc que c'est normal. Mais voyant que rien n'arrive, elle appelle à son tour et là en fait ils lui disent qu'ils se sont trompés de pension et qu'ils nous cherchaient dans une autre… Ok… Comme le départ de la pirogue est sur la grande île, Huahine Nui, au village principal de Fare, un gars va venir nous chercher pour nous amener jusqu'au pont entre les deux îles et la pirogue nous prendra en passant. Nous on n'avait rien demandé, mais tout s'arrange !

Sur ce, il est 9h30 lorsque arrive un 4X4, avec deux places à l'avant et des bancs à l'arrière, en plein air, sur lesquels nous nous asseyons. Après environ quinze minutes de route, nous arrivons au pont, et empruntons un petit chemin au bord de l'eau et nous nous arrêtons. Pas de pirogue en vue, nous en profitons pour discuter avec Claude notre chauffeur, qui est un savoyard ! Il nous raconte un peu comment se passent les successions ici, les enfants se partageant les terres, il y a désormais une multitude de propriétaires, ce qui fait que lorsque des chaînes hôtelières veulent acquérir des terrains, c'est toujours très compliqué. Il compare d'ailleurs un peu la situation avec les petits villages de montagne où les trois familles ne peuvent pas se voir, ce qui entraîne toujours des conflits lorsqu'il y a des décisions à prendre. D'un autre côté, cette situation permet de garder le côté sauvage de l'île car à cause de ça, il y a ici très peu d'hôtels…

Flo qui a une question existentielle en profite donc : « Y a-t-il des cimetières ici ? On n'en a pas vu ! ». En fait, non il n'y en a pas, les gens sont enterrés dans les jardins ou sur les terres familiales, il y a parfois juste une petite construction au-dessus de la tombe et c'est tout. Certaines sont même parfois carrément au bord de la route !

Sur ce, la pirogue arrive, piloté par un beau tahitien avec une couronne de feuilles sur la tête et un paréo. Elle est  pratiquement complète sauf deux places à l'arrière que nous allons occuper… Le problème, c'est pour monter dedans, il faut marcher un peu sur le corail au bord, mieux vaut garder ses chaussures… Zut, évidemment moi j'avais pas prévu de mettre mes petites pompes « méduses », les trucs en plastique très moches mais très utiles, donc tant pis pour les espadrilles !

Nous embarquons sans tomber à l'eau. Notre guide se présente, il s'appelle Armand et va faire la visite en français et en anglais car outre deux anglais, tous les autres passagers (nous sommes une douzaine) sont des italiens. C'est donc une pirogue à balancier, mais à moteur, je vous rassure on n'a pas eu à ramer ! Et le tout est couvert par un toit ce qui n'est pas un luxe à cause du soleil, même si pour l'instant celui-ci est quand même parfois caché par quelques nuages. Armand nous explique un peu notre parcours, là nous sommes dans la baie Maroe, la plus grande, celle qui sépare les deux îles, nous allons ensuite aller à la ferme perlière en remontant un peu puis ferons surtout le tour de Huahine Iti avant le retour sur Fare.

Le parcours de la visite

Fare est le village principal, les deux autres sont Parea et Fitii, avec une population totale sur l'île de cinq mille huit cents habitants. Armand est bien entendu originaire de l'île, il y est né, y a grandi et y vit toujours sans être jamais allé ailleurs…

Les couleurs de l'eau dans la baie sont d'un vert profond (ça change du bleu !), il n'y a pas de sable et la végétation est tellement luxuriante qu'elle arrive jusque dans l'eau à certains endroits.

Nous arrivons alors à la ferme perlière, dans la baie de Faie. Quand on parle de ferme, il s'agit en fait d'une petite construction sur pilotis au milieu du lagon. Nous y accostons et pendant que nous allons en faire la « visite », Armand repart avec sa pirogue pour aller chercher la nourriture pour le déjeuner.

La ferme perlière

Une jeune femme nous offre une fleur de tiaré en signe de bienvenue et va nous expliquer comment se passe la culture des huîtres et pourquoi et comment elles donnent des perles (je détaillerai tout ça dans un chapitre ultérieur). Cette ferme a aussi la particularité de vendre des poteries. En effet, le propriétaire est venu s'installer dans ce trou perdu pour vivre plus près de la nature (là il est servi !) et fabriquait à l'origine des poteries, chose qu'il fait toujours. Je cite : « Peter Owen a mis en place la poterie depuis 1970 et sa femme, Ghislaine, décore les poteries depuis 1977. Leur fils Manutea les a désormais rejoints et fait maintenant partie de l'aventure. Ghislaine et Manutea mélangent les symboles traditionnels et contemporains pour créer un « art moderne » polynésien sur les poteries réalisées par Peter. La texture et la couleur exceptionnelles de l'émaillage sont obtenues grâce à l'utilisation de terre, récupérée à proximité de la ferme perlière dans le fond du lagon. »

Flo et moi « craquons » pour une poterie en forme de bénitier (le coquillage), nous examinons également le prix des perles, mais comme nous savons que notre visite n'est pas terminée, nous n'achetons rien. De plus on pourra y revenir le lendemain, il existe une navette en bateau de l'île jusqu'à la ferme.

Armand revient nous chercher une heure plus tard et nous repartons pour notre tour. L’eau devient de plus en plus claire et de plus en plus bleue. Et là au milieu du lagon, il arrête la pirogue et nous annonce que c’est ici que nous allons faire le snorkeling (plongée avec masque et tuba). Ah bon, ok alors… Il doit y avoir entre deux et trois mètres de fond, l’eau est très claire.

Nous nous équipons et Armand nous montre une sorte de piquet qui dépasse de l'eau, et nous dit que nous n'avons qu'à nous laisser dériver jusque là-bas et qu'il nous récupèrera avec la pirogue… Et si nous avons un problème il suffit de lui faire signe, il viendra… Ok… Allez hop, je plonge et l'eau n'est pas super chaude ! Enfin, elle doit faire 25°C, mais moi je préfère 28 ! Je commence à nager et effectivement il y a du courant, donc pas la peine de nager, il suffit de flotter et le courant te porte naturellement ! C'est cool ! J'attends Flo qui finit par se mettre à l'eau… et c'est parti. Il y a quelques morceaux de corail avec quelques poissons mais ce n'est pas la multitude qu'on a pu voir aux Maldives (j'ai dit qu'il fallait arrêter de comparer !). En revanche, l'eau est d'une limpidité incroyable. Je relève la tête et je vois Flo qui remonte vers la pirogue en me faisant comprendre qu'elle a froid ! Je lui souhaite intérieurement bon courage pour nager à contre courant, et malgré ses signes, Armand ne voit rien (il doit faire la sieste !). Finalement elle y arrive et remonte à bord. Je continue… prends quelques photos, mais comme il y a pas mal de fond j'ai bien peur que ça ne donne rien, les poissons sont un peu trop loin. Une fois arrivée vers le piquet, Armand met la pirogue en route et vient vers nous pour nous récupérer. C'est vrai qu'il ne fait pas super chaud, mais bon… Nous remontons à bord grâce à la petite échelle prévue à cet effet et repartons pour un petit îlot = un motu (prononcer « motou ») pour le déjeuner.

Le motu est « posé » sur le lagon, envahi de cocotiers. Nous débarquons, pendant qu'Armand, aidé par un ami et sa fille descendent la nourriture. Puis il va nous montrer comment on fait le poisson cru. C'est très simple : prendre le poisson coupé en petits carrés, y ajouter du jus de citron et du lait de coco, mélanger le tout et… c'est prêt ! Pour faire la vaisselle on passe le plat dans l'eau de mer et hop ! C'est prêt aussi !!

Nous nous installons autour des tables disposées sur le bord, les pieds dans l'eau et dégustons le poisson accompagné d'une salade de riz. C'est très simple mais très bon ! Pour ceux qui n'aiment pas le poisson, il y a du poulet.

Après le repas, nous faisons un petit tour pour voir un peu à quoi ressemble l'endroit, cherchons quelques coquillages, mais il n'y en a pas beaucoup, ou alors…. « y'a quelqu'un dedans ! »

Vers 14h, nous repartons pour la suite de notre périple. Nous traversons des eaux d'un bleu turquoise, dans lesquelles nous apercevons des raies, puis nous continuons le tour de l'île et passons devant notre pension. Armand nous dit que nous avons de la chance d'être là, en plus d'être très typique, la cuisine y est très bonne (oui, on avait remarqué !).

Puis nous apercevons un hôtel détruit. A l'origine, il s'agissait de l'ancienne résidence de Julio Iglesias, qui avait vendu le domaine à un riche américain qui en avait fait un hôtel tout en bois, avec des chambres dans les arbres, bref, une sorte de paradis. Le problème, c'est qu'il y a eu un cyclone en 1998… et tout a été détruit sauf les quelques bâtiments en béton comme la cuisine. C'est vraiment dommage car il se trouve dans une crique isolée, entourée de cocotiers, au bord du lagon dans un site magnifique. Ce paysage de désolation a servi aussi de décor au film « Le prince du pacifique » en 2000, mais depuis tout est à l'abandon.

Nous passons ensuite devant l'hôtel de luxe Te Tiare (tous les italiens y sont…) ainsi que devant l'une des résidences de Gaston Flosse, et arrivons dans la baie de Fare pour assister au shark feeding (le repas des requins pour les « non bilingues »).

Nous nous dirigeons vers une barge située dans le lagon, très éloignée du bord et près de la barrière de corail. Nous accostons et nous mettons tous sur la barge en attendant le gars qui doit venir donner à manger aux requins. Là nous voyons arriver à toute vitesse un jet ski conduit par Marc (le propriétaire de Huahine nautique) et le fameux Claude avec lui. Il est un peu « vert » d'ailleurs en descendant du scooter, il n'aime pas quand Marc pilote, il est fou ! Bref, il a une combinaison de plongée, un seau avec des poissons dedans. Il met son masque et un gant en « fer » sur une main et se jette à l'eau. Nous, nous sommes sur la barge et comme il ne fait vraiment pas très chaud, personnellement, je décide de ne pas aller dans l'eau, je regarderai d'en haut ! La moitié du groupe y va, et se tient derrière une corde qui a été installée à cet effet.

Claude ne tarde pas à être entouré d'une foule de poissons multicolores, quand arrivent enfin… les bêtes ! Ce sont des requins à pointes noires, mesurant entre cinquante centimètres et un mètre cinquante. Claude les attire en leur jetant le poisson, et ils viennent même parfois le lui prendre dans la main (d'où l'utilité du gant ! Pas bête !). En tout cas, c'est assez impressionnant et pas très rassurant non plus, quoique… Bon, on essaiera la prochaine fois ok ?!

Shark feeding

Nous reprenons notre pirogue (avec Claude qui préfère nettement ça au jet ski ! Comme quoi on peut ne pas avoir peur des requins et avoir peur d'un homme sur un jet !) et arrivons à Huahine nautique. Nous ne sommes que quatre à descendre, car les italiens vont être ramenés en pirogue à leur hôtel de luxe… (pourquoi on n'est pas riche ?!).

Nous allons au bureau pour payer, mais ils ne prennent pas la carte bleue. Ah, alors est-ce qu'on pourrait aller au distributeur pour retirer de l'argent ? « Pas de problème », nous reprenons notre 4X4 du matin, toujours conduit par Claude et il nous amène à Fare à la banque. Comme nous avions réservé par internet, nous avons droit à 5% de remise, mais le problème, c'est que Claude n'a pas de monnaie. Nous décidons de repartir directement à la pension pour voir si là-bas ils en auront. Pas de bol, ça ne marche pas non plus. Nous laissons donc ce que nous avons à Claude et lui disons que nous passerons le lendemain pour récupérer notre monnaie. « Pas de problèmes ! ».

Une fois dans le bungalow, c'est douche intégrale avant le repas et mise en marche des serpentins anti-moustiques.

Au restaurant, Flo est encore un peu HS (le coup de barre), et moi je suis fatiguée aussi (la natation !). Nous optons pour du saumon au lait de coco vanille. Le service ne s'est pas accéléré, mais nous avons droit ce soir à un orchestre qui joue de la musique polynésienne.

Vers 20h30 nous sommes de retour au bungalow, un peu de lecture, et dodo. Sauf que la musique… on l'entend bien ! Et ce soir là on n'a pas compris s'ils avaient fait la vaisselle de toute la semaine, mais il y a eu des bruits d'assiettes et de couverts jusqu'à 23h (Flo a même paraît-il compté le nombre de petites cuillères !! Moi c'était vaguement dans mes rêves). Nous avons eu droit également au coq de nuit et à une petite averse dans la matinée… Nuit un peu agitée donc !

Posté par cloonie à 09:48 - Huahine - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

super recit

vraiment un pur régal ....une petite question, vu que tu logeais a la pension mauarii, as tu vu la pension te nahe toe toe (a 5 mn a pied, parait-il mais pas en direction du relais mahana), c'est une pension composée de 2 bunglows reliés par une cuisine donc a priori un seul batiment, car c'est la où on va, sauf contre-ordre, et connais tu le resto chez tara , toujours dans ce secteur? si tu as un avis donne le moi, merci !

Posté par laura, 21 février 2005 à 15:19

Non, je ne connais pas la pension dont tu parles (on n'estpas allé de l'autre côté en fait!) mais le coin est vraiment beau (très sauvage). J ne connais pas non plus le restau car on a mangé tous les soirs à Mauarii. D'ailleurs je vous conseille d'y aller au moins une fois, le restau est très joliement décoré et j'ai bcp aimé leur cuisine! (faut juste se méfier des moustiques :))

Posté par Mp, 21 février 2005 à 15:24

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